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Pakistan: Washington "préoccupé" par la détention du père d'une détention du père d'une militante des droits de l'homme

Pakistan: Washington
La militante pakistanaise Gulalai Ismail, lors d'un entretien avec l'AFP à Washington, le 19 septembre 2019Olivier Douliery

Washington s'est dit "préoccupé" jeudi soir par des informations selon lesquelles le père d'une militante pakistanaise réfugiée aux Etats-Unis vient lui-même d'être placé en détention, dans un contexte de répression accrue de la dissidence au Pakistan.

"Nous sommes préoccupés par des informations faisant état du harcèlement continu de la famille de Gulalai Ismail et de la détention de son père", a tweeté Alice Wells, secrétaire d'État adjointe pour l'Asie du Sud et l'Asie centrale.

Les États-Unis appellent le Pakistan à "faire respecter les droits des citoyens à se rassembler pacifiquement, à s'exprimer et à une procédure équitable", a-t-elle poursuivi.

Aucun des responsables pakistanais sollicités par l'AFP n'a souhaité réagir dans l'immédiat.

Gulalai Ismail, une militante des droits humains qui a fui en septembre aux Etats-Unis, où elle a demandé l'asile, avait précédemment tweeté que son père avait été kidnappé jeudi "à proximité de la Haute cour de Peshawar", la capitale du Nord-ouest pakistanais.

"Des hommes portants des habits noirs de milice" ont "emmené mon père dans un véhicule noir", a-t-elle indiqué dans une vidéo, se disant "extrêmement inquiète qu'il soit torturé".

"Ses avocats ne savent pas de quoi il a été accusé", a tweeté Rabia Mehmood, une chercheuse pour Amnesty International, ajoutant que le père de Mme Ismail se trouvait dans un lieu de détention de l'Agence d'enquête fédérale (FIA).

La Commission indépendante des droits de l'homme du Pakistan a appelé à sa libération.

Fondatrice de l'ONG Aware Girls au Pakistan en 2002, spécialisée dans la défense des droits des filles dans ce pays musulman conservateur et de culture patriarcale, Gulalai Ismail a été récompensée du prix pour la prévention des conflits de la Fondation Chirac en 2016 et du prix Anna-Politkovskaïa en 2017.

Elle a fait l'objet de pressions croissantes lorsqu'elle a commencé à dénoncer les violences sexuelles et les disparitions présumées commises par des militaires dans le nord-ouest du Pakistan - une ligne rouge pour la puissante armée.

Arrêtée à plusieurs reprises, Mme Ismail s'est cachée pendant quatre mois avant de s'enfuir aux Etats-Unis.

Lors d'une interview à l'AFP à Washington en septembre, elle s'était déclarée très inquiète quant au sort de ses parents, selon elle isolés socialement, les forces de sécurité interrogeant quiconque leur envoyant un SMS.

"Pour me punir, pour me forcer au silence, maintenant mon père a été puni", a-t-elle estimé jeudi.

Médias, société civile et opposition politique dénoncent une restriction drastique de la liberté d'expression depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Imran Khan en juillet 2018, ainsi qu'un renforcement des pouvoirs de l'armée.

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