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Pérou: le président Kuczynski se dit sûr d'échapper à la destitution

Pérou: le président Kuczynski se dit sûr d'échapper à la destitution
Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski, le 28 juillet 2017 à LimaErnesto BENAVIDES

Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski s'est dit persuadé lundi qu'il ne sera pas destitué par le Parlement, qui décidera jeudi s'il sanctionne ses liens avec Odebrecht, géant brésilien du BTP impliqué dans un vaste scandale de corruption.

"Je sais que jeudi, tout ira bien pour nous", a déclaré le dirigeant de centre droit, un ancien banquier de Wall Street âgé de 79 ans, lors d'un discours prononcé dans la ville d'Iquitos (nord).

"Moi je n'abandonne pas, je ne me rends pas parce que (ma) mission n'est pas terminée", a assuré le président, tandis que le public l'acclamait aux cris de "Continue, continue PPK!", les initiales et le surnom du chef de l'Etat.

"Moi aussi j'ai de la force, car je ne me laisse pas piétiner par les injustices. (Face aux) injustice, abus et mensonges, nous allons toujours lutter pour le peuple", a-t-il promis.

Le Parlement, contrôlé par l'opposition, débattra et votera jeudi sur une nouvelle demande de destitution contre M. Kuczynski, sauvé de justesse fin décembre d'une procédure similaire.

Il a assuré dimanche que s'il est destitué, alors il s'agira d'"un coup d'Etat".

Le député d'opposition Victor Andrés Garcia Belaunde, du parti Action populaire (centre), a assuré que "mathématiquement", les 87 votes nécessaires pour voter la destitution du président, pour "incapacité morale permanente", sont déjà réunis.

"Il mérite (la destitution), il n'a pas une conduite adéquate pour représenter la présidence", a-t-il estimé.

En décembre, l'opposition n'avait pas réussi à réunir les deux tiers des votes nécessaires pour le faire chuter mais, cette fois, l'ouverture d'un débat sur cette question a recueilli la semaine dernière 87 voix, soit le minimum requis pour ensuite voter la destitution.

M. Kuczynski est accusé d'avoir menti sur ses liens avec Odebrecht: il avait affirmé n'avoir jamais eu aucune relation avec l'entreprise, mais en décembre, Odebrecht a révélé avoir versé près de 5 millions de dollars à des sociétés de consultants liées à "PPK", du temps où il était ministre.

Le scandale Odebrecht fait vaciller plusieurs présidents et ex-présidents péruviens, alors que le géant brésilien affirme avoir versé de l'argent pour les campagnes électorales entre 2006 et 2011.

L'ex-président Ollanta Humala est en détention provisoire depuis huit mois et le Pérou s'apprête à demander l'extradition d'Alejandro Toledo, qui vit aux Etats-Unis, tous les deux pour leur implication présumée dans ce scandale.

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