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Pétrole: Ryad en passe de restaurer le tiers de sa production perdue, selon des experts

Pétrole: Ryad en passe de restaurer le tiers de sa production perdue, selon des experts
Une installation pétrolière de l'entreprise Aramco près d'Al-Khurj le 15 septembre 2019FAYEZ NURELDINE

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, devrait pouvoir rétablir lundi, selon des experts, au moins un tiers de la production perdue en raison des attaques de samedi contre des installations pétrolières, un défi pour le royaume afin de rassurer les investisseurs.

Alors que Ryad est depuis 2015 à la tête d'une coalition armée intervenant au Yémen contre les rebelles Houthis, l'infrastructure énergétique du royaume a déjà été visée dans un passé récent, notamment en mai et en août.

Mais les attaques de samedi contre l'usine d'Abqaiq et le gisement de Khurais, dans l'est, sont d'une autre envergure: elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, à hauteur de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l'approvisionnement mondial.

Le ministre saoudien de l'Energie, le prince Abdel Aziz ben Salmane, a inspecté dimanche les dégâts et déclaré que le royaume utiliserait ses vastes stocks pour compenser en partie la perte de production. Les Etats-Unis ont également autorisé le recours à leurs réserves.

Toutefois, les prix du pétrole ont bondi lundi, les accusations contre l'Iran alimentant de nouvelles craintes géopolitiques. Vers 08H45 GMT, le pétrole affichait +8,62%, à 65,41 dollars à Londres, où est coté le baril de Brent de la mer du Nord.

Dans ce contexte, la Chine a exhorté l'Iran et les Etats-Unis à la "retenue", suite aux accusations de Washington tenant Téhéran pour responsable des attaques de samedi.

Le bulletin spécialisé Energy Intelligence a lui assuré, en citant des sources industrielles, que le géant saoudien Aramco était "sur le point de rétablir jusqu'à 40%" de la production perdue, soit environ 2,3 millions de barils par jour.

- Millions de barils -

Citant des sources proches du dossier, le Wall Street Journal a de son côté avancé qu'il faudrait des semaines pour rétablir la pleine capacité de production.

Toutefois, l'une de ces sources a précisé: "Nous devrions pouvoir remettre (sur le marché) deux millions de barils par jour" d'ici lundi.

La firme de consultants Energy Aspects a aussi estimé que le pays serait en mesure de restaurer près de la moitié de la production perdue dès lundi.

L'Arabie saoudite a déclaré samedi qu'elle fournirait une mise à jour sous 48 heures sur les attaques, et tous les regards restent tournés sur une communication officielle qui pourrait rassurer les marchés.

Lundi, la télévision saoudienne Al-Arabiya a indiqué qu'Aramco était prêt à redémarrer les opérations à Khurais, qui traite 1,5 million de barils par jour.

Poids lourd de l'Organisation des pays exportateur de pétrole (Opep), l'Arabie saoudite pompe 9,9 millions de barils par jour, soit près de 10% de la demande mondiale, dont sept millions de barils par jour sont destinés à l'exportation.

Le royaume dispose également d'une capacité inutilisée d'environ deux millions de barils par jour qu'il peut utiliser en période de crise.

Si les rebelles yéménites Houthis soutenus par l'Iran ont revendiqué ces attaques destructrices, Ryad n'a encore accusé aucune partie. A l'inverse, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a directement mis en cause l'Iran. La République islamique a catégoriquement démenti.

Les autorités saoudiennes ont d'autant plus à coeur de relancer au plus vite leur production que ces attaques pourraient ébranler la confiance des investisseurs dans Aramco, géant qui prépare son introduction en Bourse.

Cette opération a été retardée plusieurs fois, notamment en raison de conditions de marché défavorables.

Ryad espère tirer 100 milliards de dollars en vendant 5% de son capital, sur la base d'une valorisation de l'ensemble de l'entreprise à 2.000 milliards de dollars.

Cette introduction en Bourse constitue la pierre angulaire d'un plan de réformes nommé "Vision 2030", lancé par le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l'économie du royaume.

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