En ce moment
 
 

Photo géante et livres d'or : la Corrèze "orpheline" après la mort de Chirac

Photo géante et livres d'or : la Corrèze
Le portrait géant de Jacques Chirac installé sur la façade du musée de Sarran (Corrèze) le 26 septembre 2019Agnes GAUDIN

A découvrir

Photo géante déployée à Tulle sur la façade de l'Hôtel du département, livres d'or et drapeau en berne dans le village de Sarran, fief des Chirac : la Corrèze se disait "orpheline" jeudi de l'homme qui y fit ses premiers pas politiques avant d'en être le député pendant plus de 20 ans.

"De nombreux Sarranais avaient beaucoup d'affection pour Jacques Chirac, ils vont être dans la peine", dit à l'AFP Michel Poincheval, maire de Sarran, dont Bernadette, l'épouse de l'ancien président, est toujours conseillère municipale.

"On se connaissait bien, il était très simple, très abordable", s'est rappelé le maire de ce village de 300 habitants où se trouve le château de Bity, acheté en 1969 par le couple Chirac. Jeudi, le drapeau de la mairie-école a été mis en berne.

A Sarran également se trouve le musée du président Jacques Chirac, inauguré en 2000 pour abriter les cadeaux reçus pendant les deux mandats présidentiels.

Trois livres d'or y ont été ouverts à côté d'un grand portrait proclamant "Merci Monsieur Jacques Chirac". “Nous avions prévu de longue date cette visite, on ne s’attendait pas à ça. C’est une date que nous n’oublierons pas", dit un retraité parisien.

"Au revoir cher président", écrit sur le livre d'or un ancien gendarme qui a patrouillé autour du château de Bity et se souvient que Jacques Chirac connaissait "parfaitement" les gendarmes et leurs familles.

La "Corrèze est orpheline", "la Corrèze est en deuil", écrit le Conseil départemental qui a aussi mis des registres à disposition à l'accueil de l'Hôtel du département à Tulle. Y a été dressé un triptyque géant représentant Jacques Chirac à trois âges de sa vie en bleu, blanc et rouge.

"La Corrèze ne serait pas devenue sans lui ce qu'elle est aujourd'hui", écrit Nadine sur le livre d'or. "Un pays en deuil, une Corrèze triste", renchérit un autre signataire. "Merci M. le Président pour tout ce que vous avez fait pour notre Corrèze qui vous doit tout", dit un troisième.

Michèle Demaison, assistante administrative à l'Hôtel du département, se souvient de Jacques Chirac quand il siégeait au Conseil général : "Quand il était dans la salle, il en imposait naturellement", raconte-t-elle, en vantant "sa forte personnalité, son immense charisme". "Il faisait partie intégrante de la vie des Corréziens, et il était très proche des agriculteurs. Ici il retrouvait ses racines".

- "C'était notre Tour Eiffel, notre Kennedy" -

Dans le centre de Brive, la boutique "Ici c'est la Corrèze" vend depuis cinq ans mugs, T-shirts ou tabliers à l'effigie de l'ancien président et les visiteurs sont nombreux en ce jour.

Pour le patron Pierre Blanc, "Chirac, c'était le type qui fumait des cigarettes, buvait des bières et tapait sur le cul des vaches, tout le monde pouvait s'identifier à lui. Avoir un mug à son effigie n'est pas un signe d'appartenance politique, c'est le signe de l'appartenance à un territoire. Moi, j'ai l'impression d'avoir perdu quelqu'un de la famille", dit l'homme en ajoutant: "C'était notre tour Eiffel, notre Kennedy à nous".

C'est dans ce département que Jacques Chirac entame sa carrière politique en 1965, quand il est élu pour la première fois conseiller municipal de Sainte-Féréole, village d'où sa famille est originaire.

Deux ans plus tard, il est élu député de la Corrèze et y sera réélu sans discontinuité jusqu’à son accession à l’Élysée en 1995.

Conseiller Général du canton de Meymac dès 1968, il préside le Conseil Général de la Corrèze durant 9 ans, de 1970 à 1979.

L'an dernier, Brive-la-Gaillarde avait inauguré une "Avenue Jacques et Bernadette Chirac", une première en France pour un ancien couple présidentiel.

Le préfet de la Corrèze, Frédéric Veau, a salué l'"empreinte indélébile" laissée en Corrèze par Jacques Chirac, tandis que le président PS de la Région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, vantait "l'infatigable ambassadeur de cette Corrèze qui lui ressemble tant".

Vos commentaires