En ce moment
 
 

Plainte contre les restrictions de l'asile voulues par le gouvernement Trump

Plainte contre les restrictions de l'asile voulues par le gouvernement Trump
Des familles d'Amérique centrale photographiées en juin à leur arrivée dans un refuge dans le sud des Etats-Unis Loren ELLIOTT

Plusieurs associations de défense des migrants ont demandé mardi à la justice de bloquer la décision du gouvernement de Donald Trump de verrouiller l'asile à la frontière sud des Etats-Unis.

Une nouvelle règlementation, annoncée lundi, prévoit le rejet de toutes les demandes d'asile présentées par des migrants n'ayant pas sollicité le statut de réfugié au Mexique ou dans d'autres pays traversés sur leur route vers les Etats-Unis.

Elle "interdit de fait à tous les non-citoyens fuyant des persécutions d'obtenir l'asile aux Etats-Unis s'ils traversent un autre pays sur leur chemin", selon la plainte déposée devant un tribunal de Californie.

Elle "s'inscrit dans un effort illégal pour réduire significativement, ou tout bonnement éliminer, le système d'asile américain à la frontière sud", écrivent encore ses auteurs, en demandant au tribunal d'empêcher son application.

La plainte rappelle que les lois américaines permettent de renvoyer des demandeurs d'asile vers des pays tiers considérés comme "sûrs" mais seulement en cas d'accord bilatéral. Or, Washington n'a conclu qu'un seul accord en ce sens, avec le Canada.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale un des grands axes de sa présidence, tente d'obtenir un accord avec le Mexique et le Guatemala, mais se heurte à de vives résistances.

La nouvelle règle vise à contourner cet obstacle. Elle risque toutefois d'être invalidée par le tribunal car elle semble également contredire les conventions internationales.

Elle "menace le droit au non refoulement", a ainsi souligné dans un communiqué l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), "inquiète" de la mesure.

"Elle viole clairement les lois nationales et internationales et ne peut rester en vigueur", a encore estimé Lee Gelernt, avocat de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU, qui figure parmi les plaignants.

En novembre, un tribunal a déjà invalidé une décision du président républicain de rejeter les demandes d'asile formulées par les personnes entrées illégalement aux Etats-Unis.

Depuis mars, plus de 100.000 migrants, dont de nombreuses familles avec enfants, sont arrêtés chaque mois à la frontière sud des Etats-Unis, où les structures d'accueil ou de rétention sont engorgées. Il s'agit essentiellement de personnes fuyant la violence et la misère du Honduras, du Guatemala et du Salvador.

Vos commentaires