En ce moment
 
 

Plus d'énergie pour affronter le climat, le cercle vicieux du réchauffement

Plus d'énergie pour affronter le climat, le cercle vicieux du réchauffement
Journée de canicule sur l'esplanade du Trocadéro à Paris le 24 juin 2019Christophe ARCHAMBAULT

Le réchauffement climatique va générer des besoins en énergie accrus, pour les climatiseurs notamment, de +25 à +60% d'ici la moitié du siècle, selon une étude parue lundi.

La demande en énergie pourrait croître d'un quart, même si le réchauffement était limité. Cette hausse atteindrait 58% si les émissions de gaz à effet de serre gardaient leur trajectoire présente.

De quoi alimenter encore plus le dérèglement du climat si cette énergie devait venir de sources fossiles (charbon, gaz ou pétrole), note l'étude parue dans Nature Communication.

En 2018, pétrole et gaz ont assuré les deux tiers de la production électrique mondiale, le solaire et l'éolien moins de 10%, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

"Si la consommation d'énergie croît et conduit à des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre, une consommation énergétique accrue pour la climatisation compliquerait et rendrait plus coûteux encore la lutte contre le réchauffement", note Ian Sue Wing, de la Boston University.

Ces besoins devraient croître le plus rapidement dans le sud de l'Europe, de la Chine, des Etats-Unis, et dans les pays les moins avancés des Tropiques, selon elle.

L'étude parue lundi reprend différentes projections de températures, d'évolution démographique et économique.

D'ici le milieu du siècle, le changement climatique devrait accroître la demande énergétique de 11 à 27% en cas de réchauffement modéré, de 25 à 58% en cas de réchauffement "vigoureux", selon ces chercheurs.

Le marché des climatiseurs individuels devrait exploser, passant, en Inde par exemple, de 30 millions d'unités aujourd'hui à un milliard d'ici 2050, indiquaient de précédentes recherches. Globalement ces équipements devraient consommer trois fois plus d'énergie d'ici 2050, selon l'AIE.

Vos commentaires