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Pologne: Morawiecki à Berlin pour réchauffer les relations

Pologne: Morawiecki à Berlin pour réchauffer les relations
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki à Budapest le 3 janvier 2018Attila KISBENEDEK
histoire

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki se rend vendredi à Berlin pour tenter de relancer les relations avec l'Allemagne, tendues depuis l'avènement à Varsovie des conservateurs nationalistes en 2015.

"Je voudrais, je souhaiterais que cette visite renforce aussi bien la coopération économique que politique", a déclaré mercredi M. Morawiecki à l'agence de presse polonaise PAP, soulignant qu'au niveau économique et commercial cette coopération était "florissante, la Pologne étant l'un des partenaires les plus importants pour l'Allemagne".

Au menu de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel figureront sans doute également des dossiers plus délicats tels que la situation de l'État de droit en Pologne, le refus de ce pays d'accepter des quotas de réfugiés, ou encore l'histoire douloureuse de la Seconde guerre mondiale et de l'Holocauste, de même que le gazoduc Nordstream 2 reliant la Russie à l'Allemagne.

- 'Vues divergentes' -

Pour la chancelière les relations entre les deux pays sont stables "même s'il y a des vues divergentes sur certaines questions".

Pour M. Morawiecki, qui depuis sa nomination en décembre ne cache pas la volonté d'améliorer l'image de son pays à l'étranger, les accusations contre la Pologne sont dues à des "malentendus" et par conséquent il ne compte pas céder d'un pouce sur les points litigieux.

Varsovie est critiquée par Bruxelles et plusieurs pays européens pour des réformes judiciaires controversées qui, selon l'UE pourraient remettre en question l'indépendance de la justice.

Le 20 décembre, après des mois de mises en garde, la Commission européenne a déclenché contre la Pologne une procédure pouvant aller jusqu'à la priver de ses droits de vote dans l'UE.

Sur la question des réfugiés, la discussion s'annonce également difficile, car le gouvernement polonais a averti à la mi-janvier qu'il n'allait pas revenir sur son refus d'accueillir des réfugiés dans le cadre des mécanismes européens d'allocations.

Samedi, Mme Merkel a indiqué qu'elle s'attendait à ce que les discussions aboutissent "à des solutions solidaires et européennes", alors que M. Morawiecki avait motivé mercredi la position de Varsovie par la différence des niveaux de vie entre les deux pays.

"L'Allemagne est un pays qui a les moyens de recevoir des centaines de milliers des migrants, et de leur offrir une aide sociale, qui est, comme on le sait, très chère", a déclaré M. Morawiecki à la PAP, ajoutant que les pays sortant du communisme, comme la Pologne, "ne pouvaient pas se le permettre".

Un autre dossier traité pourrait être celui de l'Histoire.

La Pologne a adopté récemment une loi visant, selon le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS), à protéger l'image du pays, avec une peine de trois ans de prison pour quiconque accuse la nation ou l'État polonais de participation aux crimes de l'Allemagne nazie.

La loi a été critiquée par Paris et Washington et provoqué des tensions avec Israël, qui y a vu une tentative de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs.

Sans entrer dans le débat, Mme Merkel a apporté indirectement son soutien à la Pologne, en déclarant "qu'en tant qu'Allemands nous sommes responsables des choses qui ont eu lieu durant la période du national-socialisme, l’Holocauste, la Shoah".

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