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Pompeo à Kaboul en soutien aux efforts de paix

Pompeo à Kaboul en soutien aux efforts de paix
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo (gauche) a fait une visite surprise le 9 juillet 2018 à Kaboul.Andrew Harnik

En escale surprise de quelques heures à Kaboul, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a apporté lundi son soutien aux efforts de paix du président afghan estimant qu'il y avait désormais "un espoir".

Cette visite gardée secrète pour raisons de sécurité intervient quelques semaines après un cessez-le-feu de trois jours mi-juin entre forces gouvernementales et talibans, inédit en 17 ans de guerre.

"L'élément de progrès, c'est qu'il y a un espoir désormais" a estimé M. Pompeo lors d'une brève rencontre avec la presse au palais présidentiel gardé comme une forteresse, avant de s'envoler Abou Dhabi.

L'ex-patron de la CIA, confirmé comme secrétaire d'Etat en avril et dont c'était la première visite en Afghanistan, s'est entretenu auparavant avec le président Ashraf Ghani.

"Beaucoup de talibans ont compris qu'ils ne peuvent gagner sur le terrain", a souligné le secrétaire d'Etat. "La tâche accomplie (par les forces américaines) a montré aux talibans que la poursuite de la violence les mènerait à l'échec".

Mais, a-t-il prévenu, "il reste encore beaucoup à accomplir et (...) ce n'est pas aux Américains de conduire les négociations".

Les talibans n'ont pas répondu aux offres de discussion du président Ghani jusqu'à présent, exigeant de s'attabler avec les Américains ce que l'adjointe de M. Pompeo pour l'Asie Centrale, Alice Wells, a jugé "inacceptable" lors d'un récent passage à Kaboul.

La trêve observée à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, qui marque la fin du ramadan, avait donné lieu à des scènes de fraternisation dans les villages et jusqu'au coeur de Kaboul.

- violence en baisse dans le sud -

Le président Ghani, qui avait étendu unilatéralement la trêve jusqu'au 30 juin, a depuis ordonné la reprise des offensives. Mais selon une source sécuritaire haut placée s'exprimant sous couvert d'anonymat, le niveau général de violence dû aux talibans a reculé de façon significative.

"Nous constatons une baisse des attaques sur tout le pays et surtout dans le sud et le sud-est" indique cette source qui cite "une comparaison de 20 jours avant et 20 jours après le cessez-le-feu": le nombre d'explosions (attentats, mines...) est ainsi passé de 224 avant à 148 après la trêve; celui des attaques suicide de 10 à 3; et de tirs de roquettes de 157 à 120.

Un soldat américain a cependant été tué et deux blessés samedi soir par un soldat afghan qui a retourné son arme contre ses formateurs dans le sud du pays, en Uruzgan.

Mike Pompeo arrive à la veille d'une conférence internationale réunissant à Jeddah, en Arabie saoudite, des centaines de hauts responsables religieux et des personnalités du monde musulman.

Cette conférence sous l'égide de l'Organisation de la conférence islamique doit appuyer la tenue de pourparlers de paix et devrait répéter que le conflit afghan n'a pas de légitimité religieuse au regard de l'islam, comme l'a fait en juin le conseil des oulémas afghans en promulguant une fatwa.

Cette conférence, qui s'achèvera mercredi, coïncide en outre avec le sommet de l'Otan à Bruxelles auquel est attendu le président américain Donald Trump. L'organisation du Traité Atlantique compte 16.000 hommes déployés en Afghanistan, dont 13.000 Américains, au titre de l'opération d'assistance et de formation aux forces afghanes Resolute Support, créée en 2015.

Plus de 2.400 soldats américains ont été tués et environ 20.000 blessés depuis le début de l'intervention américaine en octobre 2001 dans cette guerre qui s'avère la plus longue de l'histoire pour l'armée américaine.

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