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Pour les Vénézuéliens de la diaspora, l'espoir du retour

Pour les Vénézuéliens qui ont fui la crise dans leur pays et tentent de survivre tant bien que mal ailleurs en Amérique latine, l'opposant Juan Guaido, autoproclamé président, a ravivé l'espoir d'un retour, même si certains demeurent sceptiques sur l'issue de la crise politique.

- "Continuer à rêver" -

Leonel Nuñez, 31 ans, fait partie des 40.000 Vénézuéliens ayant émigré au Mexique. Il est arrivé à Mexico il y a un an.

Au Venezuela, il travaillait comme conseiller pour les campagnes politiques, un emploi devenu difficile, dit-il, sous le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro, qu'il qualifie de "totalitaire".

A Mexico, il a travaillé comme serveur, fait des ménages. "Il fallait que ma famille ne meure pas de faim", explique-t-il à propos de ses parents et trois frères restés au Venezuela. Il gère désormais un restaurant de spécialités vénézuéliennes.

"Pour moi, il n'y a pas deux présidents, il n'y en a qu'un seul et c'est Guaido", dit-il. Pour lui, le chef de l'opposition a montré aux Vénézuéliens que "cela valait la peine de continuer de rêver" à une issue à la grave crise politique et économique qui secoue le pays.

- Changer la mentalité -

Cinq Vénézuéliens jouent de la musique dans une rue de Bogota, en Colombie. Ce pays accueille le plus grand nombre de migrants vénézuéliens, environ 1 million. Les cinq amis, membres de l'orchestre symphonique de Caripito (nord-est), ont quitté le pays les uns après les autres.

Esther Garcia, 24 ans, est la dernière arrivée. "Je suis venue ici pour avoir une vie plus stable, pour aider ma famille et je rentrerai au Venezuela quand le gouvernement de Maduro tombera", dit-elle.

Le petit orchestre reprend des succès latino-américains sur la place de Bogota où des centaines de Vénézuéliens ont manifesté le 23 janvier en soutien à Juan Guaido.

"Juan Guaido incarne le changement, même si je pense qu'il ne s'agit pas seulement de changer de président, mais aussi de changer la mentalité de nombreux Vénézuéliens", dit Anthony Fuentes, 25 ans, en prenant sa guitare.

- "Remettre sur pied le pays" -

A Quito, la capitale équatorienne, six mois après son départ du Venezuela, Jorvi Olivero, vend des sucreries à un feu rouge. Il rêve de rentrer au Venezuela où se trouve sa fille qui vient de naître. Plus de 220.000 Vénézuéliens vivent en Equateur.

"N'importe quel président qui se lance, nous allons le soutenir car nous voulons le départ de Maduro", dit le jeune homme qui qualifie de "frauduleux" le deuxième mandant du chef de l’État en place.

"Mon espoir avec ce président (Guaido) c'est qu'il remette sur pied le pays et le plus vite possible", dit-il.

- "J'y croirai à la chute de Maduro" -

Plus de 500.000 Vénézuéliens vivent au Pérou. Parmi eux, Alexander Taylor, 25 ans, venu de Maracay (nord), se montre sceptique. "L'attente que suscite Guaido me fait penser à celle de qu'avait suscitée Leopoldo Lopez", ancien chef de file de l'opposition aujourd'hui en résidence surveillée.

"Guaido me donne un peu d'espoir, mais je ne le croirai pas tant que le président actuel ne sera pas tombé", dit-il. Pour l'instant, il préfère rester au Pérou où il travaille dans un restaurant après avoir été contraint d'abandonner ses études d'ingénieur faute de moyens.

- "Un vrai changement" -

"Cela me donne la chair de poule", dit Monica Villarroel, 23 ans, installée à Buenos Aires depuis 2016, lorsqu'on l'interroge sur la situation dans son pays.

"J'ai de l'espoir. Pour la première fois il y a un mouvement au niveau international, ce n'était pas le cas auparavant. On peut sentir qu'il y a un vrai changement", explique-t-elle dans un bar où elle a trouvé un emploi dès son arrivée.

Environ 130.000 Vénézuéliens ont migré dans ce pays.

Il y a neuf mois, elle a fait venir ses parents dans la capitale argentine. A tous les trois, Guaido inspire "beaucoup de confiance" pour mettre en œuvre le changement politique et social dont a besoin, selon eux, le Venezuela. "Ma mère a très envie de rentrer. Moi je ne sais pas", confie-t-elle.

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