En ce moment
 
 

Présidentielle en Bolivie : Morales officiellement élu dès le premier tour

A découvrir

Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale et alors que le mouvement de contestation se poursuit.

Son principal adversaire pendant ce scrutin, le centriste Carlos Mesa, qui accuse le gouvernement de "fraudes" et a souligné qu'il ne reconnaîtrait pas les résultats, a appelé ses partisans à se mobiliser pacifiquement pour réclamer un second tour.

Une demande soutenue par l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Organisation des Etats américains (OEA), la Colombie et l'Argentine.

La présidente du TSE, Maria Eugenia Choque, a lu les résultats du comptage de 100% des bulletins : le chef de l'Etat socialiste sortant obtient 47,08% des voix, contre 36,51% pour M. Mesa, soit un écart supérieur aux dix points de pourcentage nécessaires pour s'imposer au premier tour.

"Le système électoral en Bolivie est complètement transparent", a assuré Idelfonso Mamani, un des magistrats du Tribunal suprême électoral.

Blocages de rues, défilés et heurts continuaient parallèlement vendredi en Bolivie.

Au milieu des pétards, des drapeaux boliviens et des slogans, des cortèges de plusieurs milliers de personnes traversaient La Paz, malgré la pluie, pour se rendre au siège du TSE, où les attendait un imposant dispositif policier, a constaté un photographe de l'AFP.

Dès le début de la journée, des manifestants exigeant le "respect de leur vote" bloquaient des rues dans le sud de La Paz, après avoir érigé des barricades à l'aide de pneus, de cordes et de poubelles.

A Cochabamba (centre), dans un climat plus tendu, des partisans du gouvernement et de l'opposition s'affrontaient à coups de bâton et en se jetant des pierres, selon les médias locaux. D'autres incidents avaient lieu à Santa Cruz (est), le bastion de l'opposition.

"La grève est illimitée. Nous voulons un second tour car il est clair qu'il y a eu des fraudes. L'OEA et l'UE ont vu qu'il y avait eu une énorme tromperie", a déclaré à l'AFP Ruben Lopez, un consultant de 62 ans, à l'un des barrages se dressant dans cette ville, la plus grande et la plus riche de Bolivie.

Après des premiers chiffres partiels le soir du vote, qui laissaient entrevoir un second tour, de nouveaux résultats diffusés plus de 20 heures après, lundi, avaient pratiquement donné la victoire à M. Morales, suscitant de la part de l'opposition et des observateurs internationaux des soupçons de fraudes.

Au pouvoir depuis 2006, le président est donc en route pour un quatrième mandat, sur la période 2020-2025.

- Tribunaux en feu -

L'Union européenne a appelé jeudi à "mettre un terme au processus de dépouillement en cours" et recommandé "la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance" dans ces élections.

De leur côté, les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont demandé qu'un second tour ait lieu si l'OEA ne confirmait pas le résultat du premier tour. Dans le cas contraire, ils menacent de ne pas reconnaître Evo Morales.

L'Organisation des Etats américains, "surprise" et "[inquiète]" face au revirement dans le comptage, a dit vouloir réaliser un audit des résultats, sans en préciser les dates ou les conditions. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé vendredi "pleinement" soutenir un tel audit.

"Nous sommes inquiets des rapports faisant état de violences et d'un usage excessif de la force en Bolivie après l'élection de dimanche", a déclaré vendredi une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Ravina Shamdasani, devant la presse.

A contrario, Cuba, le Venezuela et le Mexique ont félicité Evo Morales. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé vendredi une "tentative de coup d'Etat" et appelé à "reconnaître la légitimité de la victoire d'Evo Morales".

Entre lundi et mercredi, des manifestants ont incendié cinq tribunaux électoraux départementaux, tandis qu'une grève nationale a été déclenchée à partir de Santa Cruz.

Des Boliviens, qui dénoncent une "autocratie", n'ont pas digéré la décision de M. Morales de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s'étaient prononcés contre à l'occasion d'un référendum en 2016.

Vos commentaires