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Présidentielle en Tunisie : les Tunisiens tranchent après des semaines d'incertitude

Présidentielle en Tunisie : les Tunisiens tranchent après des semaines d'incertitude

(Belga) Les Tunisiens ont commencé à voter dimanche pour une élection présidentielle à suspense. Avant même l'ouverture des bureaux de vote à 08H00 locales (09h00 en Belgique), des dizaines de personnes patientaient devant les portes. Les 13.000 bureaux de vote doivent rester ouverts jusqu'à 18H00 (19h00 en Belgique), sauf pour 250 d'entre eux, à la frontière algérienne et dans le bassin minier de l'intérieur du pays, qui fermeront dès 16h. Environ 70.000 membres des forces de sécurité sont mobilisés, et des milliers d'observateurs ont été déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote.

Jusqu'au dernier moment, de nombreux électeurs se disaient indécis: "Je n'ai aucune idée encore du candidat pour lequel je vais voter, mais je suis venue ici car c'est mon droit", a souligné Rabah Hamdi, 60 ans, arrivée dans les premiers pour voter dans le centre de Tunis. Une myriade de candidats, des familles politiques éclatées, pas de clivage politique clair: rarement une élection aura été aussi incertaine dans le pays pionnier du Printemps arabe. Parmi les 26 prétendants, un Premier ministre au bilan contesté -Youssef Chahed-, un magnat des médias poursuivi pour blanchiment d'argent et incarcéré -Nabil Karoui-, ou encore le premier candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou. À la dernière minute vendredi soir, deux candidats de second plan ont annoncé leur désistement, un acte politique qui n'annule pas leur candidature. Ils ont appelé à voter pour le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, un technocrate précipité sur le devant de la scène par le président Béji Caïd Essebsi, peu avant sa mort en juillet. D'autres candidats, comme Nabil Karoui ou l'universitaire indépendant Kaïs Saied, se sont présentés "antisystème". Une façon de se distinguer d'une élite politique discréditée par des luttes de pouvoir féroces. Les Tunisiens sont avant tout préoccupés par la crise sociale dans un pays sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), où le chômage ronge les rêves de nombreux jeunes, et où le coût de la vie a augmenté de 30% depuis 2016, alimenté par une inflation frôlant les 7%. Les différents camps sont à couteaux tirés, ce qui accentue les risques de déraillement du processus électoral, a averti Michael Ayari, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Ce scrutin est un "test" pour la jeune démocratie tunisienne car il "pourrait nécessiter d'accepter la victoire d'un candidat clivant", a souligné la chercheuse Isabelle Werenfels. Des estimations et sondages sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi, mais les résultats préliminaires ne seront annoncés que mardi par l'instance chargée des élections (Isie). À moins qu'un candidat n'obtienne la majorité absolue dès le premier tour, les partis seront ensuite face au défi de préparer simultanément les législatives du 6 octobre et le second tour de la présidentielle, qui devrait se tenir d'ici le 23 octobre. (Belga)

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