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Prison de Condé: les "palpations systématiques" autorisées au parloir sur les visiteurs

Prison de Condé: les
La prison d'Alencon à Condé-sur-Sarthe, le 6 mars 2019JEAN-FRANCOIS MONIER

Autorisation des "palpations systématiques" au parloir, installation d'un portique à ondes millimétriques, renforts d'effectif: la direction de l'administration pénitentiaire (DAP) a annoncé jeudi plusieurs mesures pour la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), au lendemain de la levée du blocage des surveillants qui aura duré quinze jours.

"L'établissement reprend progressivement son fonctionnement normal. La majorité des personnels ont repris leur service", a indiqué la DAP à l'AFP. "L'accord sur les mesures a marqué un tournant", a ajouté cette source, évoquant "une trentaine de mesures au total".

Les surveillants avaient démarré le blocage à la suite d'une violente agression le 5 mars de deux de leurs collègues par un détenu radicalisé, Michaël Chiolo. Le directeur de l'Administration pénitentiaire Stéphane Bredin s'est rendu mardi sur place, pour rencontrer les agents. Et mercredi, les surveillants ont voté la reprise du travail.

La DAP a annoncé l'autorisation des "palpations systématiques" sur les visiteurs au parloir à la prison de Condé-sur-Sarthe, l'une des plus sécurisées de France, une fois que les visites reprendront. Cette autorisation est "motivée par les caractéristiques de la population pénale à Condé", précise cette source. Dans cette prison sont hébergés des détenus considérés comme particulièrement dangereux.

Ces "palpations systématiques" étaient l'une des principales revendications des surveillants, après l'agression. En effet, les agents ont été attaqués avec un couteau en céramique, apporté par la compagne de Michaël Chiolo. Cette arme n'avait pas été repérée par le détecteur de métaux et la compagne du détenu n'avait pas été fouillée.

Un portique à ondes millimétriques, comme ceux qui existent dans les aéroports, et qui aurait permis de détecter le couteau en céramique, "va être installé", a promis la DAP. De plus, les effectifs vont être renforcés par "une équipe volante", comptant neuf agents.

"Une fouille générale" de l'établissement a démarré jeudi et devrait durer plusieurs jours, selon la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire. Pour cette fouille, les surveillants de Condé sont aidés par des équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) et des agents venant d'autres établissements de la région.

Le juge des référés du tribunal administratif de Caen a par ailleurs rejeté jeudi un recours de l'association des avocats pour la défense des droits des détenus demandant que soit rétablis les droits fondamentaux des détenus à Condé, les avocats n'ayant plus accès aux parloirs pendant le blocage.

"Il résulte notamment des observations orales de la représentante de la garde des sceaux qu’un accord entre les syndicats du personnel et le ministère est intervenu le 20 mars, à la suite duquel le service doit reprendre le 21 mars et être assuré normalement à partir du 25 mars", a argumenté le juge. Et pendant le blocage, les détenus ont pu continuer à échanger par téléphone, même si la durée de l'appel a pu "parfois être très courte", et par lettres avec leurs avocats, a-t-il ajouté.

Radicalisé en prison, Michaël Chiolo, 27 ans, avait poignardé les deux surveillants avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison. Après de vaines négociations, le RAID avait lancé l'assaut, interpellant le détenu et blessant mortellement sa compagne.

Cinq prisonniers de l'établissement pénitentiaire soupçonnés de complicité avec Michaël Chiolo, ont été placés lundi en garde à vue.

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