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Procès du Cuba Libre: 5 ans de prison, dont trois ferme, pour les deux gérants

Procès du Cuba Libre: 5 ans de prison, dont trois ferme, pour les deux gérants
"Au Cuba Libre", à Rouen, le 6 août 2017, au lendemain de l'incendieCHARLY TRIBALLEAU

Les deux gérants du bar Cuba Libre ont été condamnés mardi à cinq années de prison, dont trois ferme, par le tribunal correctionnel de Rouen pour avoir involontairement causé la mort de 14 personnes, asphyxiées dans un incendie en août 2016.

Le parquet avait requis quatre ans de prison ferme à l'encontre des deux prévenus, deux frères âgés de 40 et 48 ans, estimant que cet établissement situé à Rouen n'était "qu'une somme de manquements en matière de sécurité".

Les deux prévenus "ont violé plusieurs obligations de prudence ou de sécurité imposées par la loi et le règlement. Ces violations sont à l'origine de l'incendie qui est la cause directe et certaine" des décès, a indiqué la présidente du tribunal.

Lors du procès en septembre, le procureur Pascal Prache avait évoqué "l'association de deux co-gérants qui ont essayé de se faufiler entre les dispositions réglementaires selon le principe du +pas vu, pas pris+".

Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, un incendie s'était déclaré dans ce bar où les victimes fêtaient les 20 ans d'Ophélie.

Dans le sous-sol de l'établissement, aménagé sans autorisation en boîte de nuit, deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, avaient enflammé le plafond de l'escalier. L'incendie avait provoqué la panique dans le sous-sol de 24 m2 où l'unique issue de secours était verrouillée.

En outre, les plafonds de cette cave où avaient régulièrement lieu des fêtes d'anniversaire étaient recouverts de plaques de mousse en polyuréthane insonorisante, matière extrêmement inflammable, ce qui avait entraîné une propagation rapide des flammes.

L'un des temps forts des audiences a été le témoignage de trois jeunes survivants de l'incendie qui ont raconté l'horreur vécue dans ce qui est apparu comme une souricière et les cauchemars qui les poursuivent depuis lors.

Les deux prévenus Nacer et Amirouche Boutrif, sans casier judiciaire, avaient comparu libres lors du procès qui s'est tenu du 9 au 16 septembre.

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