Procès pour viol au "36": les deux policiers condamnés à sept ans de prison ferme

Procès pour viol au
Le "36 quai des Orfevres", à Paris, le 19 juillet 2017 Martin BUREAU

Les deux policiers accusés du viol d'une touriste canadienne au 36 Quai des orfèvres en avril 2014, Antoine Quirin et Nicolas Redouane, ont été condamnés jeudi à sept années d'emprisonnement par la cour d'assises de Paris.

"Ils ont été reconnus coupables du viol en réunion d'Emily Spanton", a déclaré le président de la cour d'assises, Stéphane Duchemin. Un verdict conforme aux réquisitions de l'avocat général.

Les deux hommes, qui ont été menottés, devront verser 20.000 euros de dommages et intérêts à la victime.

La cour a été "convaincue" par "les déclarations constantes de la victime" et par "les éléments scientifiques et techniques", dont les expertises ADN et les analyses de la téléphonie, a ajouté le président.

La cour a également pris en compte "la particulière gravité des faits" à l'encontre d'une jeune femme sous l'influence de l'alcool et le "lieu de commission des faits", les locaux du "36", qui était alors le siège de la police judiciaire.

La cour a ordonné l'inscription de ces deux ex-policiers de la prestigieuse BRI, (brigade de recherche et d'intervention), au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Antoine Quirin a éclaté en larmes à l'énoncé du verdict, dans une salle d'audience remplie de collègues policiers, qui semblaient assommés par cette décision et sont restés assis de longues minutes.

Pendant toute la lecture de l'arrêt par le président, Emily Spanton, assise droite sur son banc, n'a pas eu un regard vers les accusés à sa gauche.

La Canadienne avait rencontré ces deux fonctionnaires dans un pub, situé en face du "36", où l'ambiance était au flirt et l'alcool coulait à flot. Ils s'étaient ensuite rendus au siège de la police judiciaire.

A 00H40, à son arrivée devant le célèbre bâtiment, la jeune femme, alors âgée de 34 ans, marchait en titubant, était joyeuse. Mais à 02H00, en état de choc, elle dénonçait un viol collectif. Les accusés ont toujours clamé leur innocence.

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