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Qatar: une entreprise doit des milliers de dollars à des dizaines de travailleurs immigrés

(Belga) Amnesty International accuse une entreprise d'ingénierie impliquée dans la construction des infrastructures pour la Coupe du monde de football 2022 au Qatar d'avoir profité du système de parrainage pour exploiter de nombreux travailleurs immigrés. Selon l'ONG, l'entreprise Mercury MENA doit des milliers de dollars à ses employés.

Entre octobre 2017 et avril 2018, Amnesty International a interrogé 78 ex-employés de Mercury MENA venus d'Inde, du Népal et des Philippines. L'entreprise, auparavant connue sous le nom de Mercury Middle East, a joué un rôle important dans la construction d'un stade qui a servi de vitrine pour la candidature victorieuse du Qatar à la FIFA en décembre 2010. Depuis, les travailleurs immigrés employés par l'entreprise ont travaillé sur certains des projets les plus prestigieux du Qatar, notamment la "Cité du futur" de Lusail, qui accueillera les cérémonies d'ouverture et de fermeture de la Coupe du monde. La plupart des anciens employés de Mercury MENA interrogés par Amnesty International ont déclaré que l'entreprise leur devait entre 1.162 et 2.100 euros en salaires et prestations. D'après ses recherches, Amnesty International a constaté que les retards dans le versement des salaires ont débuté aux environs de février 2016 et sont devenus plus récurrents et définitifs en 2017. En outre, l'entreprise n'a pas fourni de permis de séjour aux travailleurs comme l'exige la loi, ce qui a donné lieu à des amendes et encore restreint leurs possibilités de changer de travail ou de quitter le pays. Dans un cas au moins, l'entreprise a rejeté la demande d'un travailleur qui souhaitait rentrer chez lui en lui refusant un "permis de sortie". En vertu du système de parrainage en vigueur au Qatar, les entreprises ont le pouvoir d'empêcher les travailleurs de quitter le pays ou de changer d'emploi, ce qui limite leurs possibilités d'échapper aux abus ou de dénoncer leur traitement. La disposition relative au "permis de sortie" a toutefois été supprimée pour la majorité des travailleurs début septembre. Mais malgré la promesse de réformes majeures en 2017 et l'abolition du permis de sortie, le droit du travail au Qatar ne respecte toujours pas les normes internationales, souligne Amnesty. L'ONG exhorte le gouvernement qatari à veiller à ce que les ex-employés de Mercury MENA reçoivent l'argent qu'ils ont gagné et à réformer en profondeur le système de parrainage. (Belga)

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