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Quarante ans de politique de la Ville: les plans banlieue successifs

Depuis quarante ans, les gouvernements ont tenté de répondre aux difficultés des banlieues et quartiers déshérités par une succession de plans, auxquels s'ajouteront les mesures annoncées mardi par le président Emmanuel Macron.

- Grands ensembles -

En 1977, le président Valéry Giscard d'Estaing lance un programme "Habitat et vie sociale" axé sur la réhabilitation d'une cinquantaine de grands ensembles dégradés.

L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 et les violences urbaines qui démarrent en juillet dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux (Rhône), marquent une autre étape: lancement d'une politique de Développement social des quartiers (DSQ) et création de Zones d'éducation prioritaires (ZEP) contre l'échec scolaire.

En 1983, alors qu'une "Marche pour l'égalité et le racisme" --surnommée "marche des beurs"-- part de Marseille, un plan "Banlieues 89" vise à désenclaver et rénover des cités HLM.

Cinq ans plus tard, Michel Rocard, alors Premier ministre, crée le Conseil national des villes et le Comité interministériel des villes.

- Un ministère de la Ville -

En 1990, après des troubles à Vaulx-en-Velin (Rhône), un ministère de la Ville et du Droit au logement confié à Michel Delebarre voit le jour. L'année suivante, la loi d'orientation pour la Ville définit des cibles prioritaires via les Zones urbaines sensibles (ZUS) et entend imposer 20% de logements sociaux dans les agglomérations de 200.000 habitants. Les décrets tardent à sortir et nombre de maires de communes riches n'obtempèrent pas.

En 1992, Bernard Tapie, ministre de la Ville, lance des grands projets urbains pour une dizaine de cités. L'année suivante, un plan d'urgence du gouvernement Balladur débloque 5 milliards de francs, puis 10 milliards sur quatre ans.

En 1995, Jacques Chirac dénonce la "fracture sociale" et annonce un "plan Marshall" pour les banlieues qui devient, en 1996, le "Pacte de relance pour la ville" avec des zones franches destinées à favoriser l'implantation d'entreprises.

- Rénovation urbaine -

En 1999, période de cohabitation, le Premier ministre Lionel Jospin présente un plan "de rénovation urbaine et de solidarité" de 3 milliards d'euros sur six ans, destiné à 250 sites en contrats de ville.

L'année suivante, la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) taxe les communes qui n'ont pas 20% de logements sociaux et en 2001, le gouvernement annonce un nouveau plan de 5,34 milliards d'euros sur 5 ans pour les quartiers difficiles.

En 2003, un Plan national pour la rénovation urbaine (PNRU) lancé par le ministre délégué à la Ville Jean-Louis Borloo vise la démolition, la construction ou la réhabilitation de 600.000 logements sociaux en 5 ans, pour 30 milliards d'euros. L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) investira en fait 47 milliards d'euros.

- Action coeur de ville -

En 2006, la Loi pour l'égalité des chances, destinée à répondre aux émeutes urbaines de l'automne 2005, se concentre sur l'emploi et l'éducation et prévoit la création d'un Contrat première embauche (CPE), finalement abandonné sous la pression de la rue. Le CV anonyme, également envisagé, ne sera jamais mis en oeuvre.

En 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la secrétaire d'Etat Fadela Amara présente un "Plan espoir banlieue" aux moyens limités (1 milliard d'euros) axé sur 215 quartiers.

En 2014, sous l’impulsion du ministre délégué à la Ville François Lamy, une loi crée des conseils citoyens consultés pour élaborer et mettre en œuvre les Contrats de ville. On en comptait plus de 1.150 en 2017.

En 2015, les ZUS sont remplacées par des Quartiers prioritaires de la politique de Ville (QPV).

En 2018, un plan gouvernemental de revitalisation des centre-villes doté de 5 milliards d'euros sur 5 ans et baptisé "Action coeur de ville" cible 222 villes moyennes via des aides à l'implantation commerciale.

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