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Poursuite du blocage dans les prisons après l'attaque de Condé-sur-Sarthe

La prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (Orne), où deux surveillants ont été poignardés mardi par un détenu radicalisé, restait bloquée vendredi pour la troisième journée consécutive par des surveillants, un mouvement social qui a conduit à des débrayages dans plusieurs prisons françaises.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet et le directeur de l'administration pénitentiaire Stéphane Bredin rencontreront la semaine prochaine les organisations syndicales, ont fait savoir dans la soirée la Chancellerie et la DAP.

A Condé, dans la matinée, les forces de l'ordre sont intervenues pour y déloger les manifestants le temps que de la nourriture puisse entrer dans la prison et que les officiers puissent prendre leur service. Les barrages ont été reformés aussitôt.

Un homme souffrant de problèmes psychologiques a déclenché un bref mouvement de panique peu avant midi devant le centre pénitentiaire normand en se présentant aux manifestants avec une machette, avant d'être interpellé. Âgé d'une trentaine d'années, l'homme a dit aux manifestants être venu pour les soutenir, selon le syndicat FO.

Devant la prison de Meaux, une barricade a été dressée en milieu d'après-midi après l'agression de deux surveillants vendredi matin. "Un détenu s'est rebellé après un feu de cellule vers 11H00. Il s'est replié au fond de sa cellule avec un poinçon artisanal", a précisé Giovanni Buchle, délégué FO. Deux surveillants ont été blessés en le sortant de la cellule. Une vingtaine de surveillants opèrent un blocage total, selon le syndicaliste.

D'après l'administration pénitentiaire centrale, trois autres prisons ont également été bloquées vendredi matin, celles de Seysses-Muret (Haute-Garonne), d'Orléans et des Baumettes à Marseille.

Selon Emmanuel Baudin, secrétaire général FO-Pénitentiaire, "la mobilisation passe par des blocages, des retards de prise de service, des services minimum à l'intérieur".

Le syndicat "soutiendra toutes les actions sous toutes leurs formes ce week-end", a-t-il dit dans un communiqué. La prison de Condé devrait notamment être bloquée ce week-end "avec l'aide de collègues d'autres établissements parfois lointains", selon FO.

Vendredi matin vers 08H30, l'accès à la prison des Baumettes avait été bloquée par une centaine de surveillants, rejoints par une vingtaine de "gilets jaunes", a indiqué David Cucchietti (FO). "On veut absolument que notre cause avance (...) On ne peut pas continuer de travailler dans ces conditions", a-t-il ajouté.

- Revalorisations salariales -

L'accès à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande d'Europe, a été bloqué durant quelques heures vendredi matin par des militants syndicaux, qui ont été délogés sans heurts par les forces de l'ordre vers 08H00, a-t-on appris de source syndicale.

Mardi, après l'agression de deux surveillants avec des couteaux en céramique, Michaël Chiolo, 27 ans, s'était retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale (UVF) de la prison. Après de vaines tentatives de négociations, le RAID avait lancé l'assaut, conduisant à l'interpellation du détenu et à la mort de sa compagne.

Le surveillant le moins grièvement blessé est sorti de l'hôpital, selon FO. "L'autre n'est pas près de sortir", a précisé Emmanuel Guimaraes, délégué national FO.

"Quand on entend les énormités de la ministre de la Justice qui dit qu'on ne comprend pas pourquoi les gens n'ont pas été fouillés, c'est à tomber à la renverse. On ne peut pas faire de palpation sur les visiteurs extérieurs", a regretté Stéphane Canuti, délégué de FO-Pénitentiaire en Corse.

"Dans les stades de foot, les concerts ou les aéroports, les gens sont fouillés, palpés par des agents de sécurité privés et nous, fonctionnaires d’État, dans un milieu où il y a des gens dangereux, on nous dit qu'on ne peut pas fouiller", a-t-il déploré.

En janvier 2018, un vaste mouvement de trois semaines avait démarré après l'agression par un détenu jihadiste de trois surveillants à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), prison la plus sécurisée de France avec celle de Condé-sur-Sarthe.

D'après Emmanuel Giraud, responsable SNP-FO pour la Nouvelle-Aquitaine, "rien n'a changé en termes de sécurité et de conditions de travail" depuis la mobilisation de 2018. "On demande plus de personnel, des revalorisations salariales qui faciliteraient les recrutements. On demande des établissements dédiés pour les détenus radicalisés et violents et pour les individus dangereux que l'on continue à disséminer un peu partout".

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