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Raid meurtrier israélien: "C’était un kidnapping"

 
 

Adel Lassouli a rencontré ce jeudi à Istanbul les deux Belges de la flottille restées dans la métropole turque pour soutenir les familles des victimes du raid israélien. Fatima El Mourabiti et Kenza Isnani ont raconté leur calvaire, même si elles s’en sortent physiquement sans mal.

Fatima El Mourabiti a expliqué au micro d'Adel Lassouli pour RTL-TVI la peur ressentie à l'arrivée des commandos israéliens sur les bateaux: "J’ai toujours vécu dans ma petite ville qu’est Bruxelles et ce genre de situation pour moi c’est une situation de guerre. Quand vous êtes face à une armée, je veux dire l’armée Tsahal, l’armée la plus connue et redoutable qui puisse exister dans le monde, quand vous êtes face à des gaillards de 2m de haut qui ont des armes sur eux, je vous dis en nombre impressionnant, forcément que c’est violent."

Kenza Isnani, elle, est toujours sous le choc: "Ce sont les images. On ne peut pas les oublier. Enfin moi depuis le début je n’arrive pas à réaliser ce qui s’est passé. C’est tellement disproportionné. Ca a pris une ampleur tellement grave. On n’aurait jamais pu imaginer me retrouver dans une situation pareille."

Elles ont ensuite parlé d’un "calvaire" en évoquant la traversée de 16h entourées de soldats jusqu’au port d’Ashdod. Puis il y eu la détention à Beer-Shev’a, vécue par Fatima comme une véritable violence. "C’était violent parce qu’on m’a kidnappée. C’était un kidnapping pour moi. On n’avait absolument rien à faire dans une prison. On n’est pas des criminelles. Donc de manière délibérée et très volontaire on nous a mis dans un endroit qui n’était absolument pas adapté à notre situation." Kenza confirmait ensuite : "On nous prenait pour des criminelles. Alors qu’on était tout à fait dans le droit international. On nous a arrêtées dans les eaux internationales. Tout ce qu’on a fait était légal et on s’est retrouvées en prison."

Ont-elles à postériori des regrets ? "A aucun moment", assurait Fatima. "Bien au contraire. On s’est rendu compte que cette initiative est venue agiter énormément d’enjeux : des positionnements par rapport à des gouvernements, des mobilisations au niveau mondial et une prise de conscience au niveau mondial quant à la réelle image et politique d’Israël." Une vision partagée par beaucoup de militants de la flottille, selon notre journaliste sur place.

 

Polémique en Turquie: des activistes pro-palestiniens auraient totalement disparu…

La rumeur vient de Turquie et prend de plus en plus d’ampleur. Certains militants revenus d’Israël ont raconté qu’ils ont vu des soldats israéliens jeter des corps par-dessus bord. Ces personnes seraient donc soit mortes noyées, soit précédemment tuées. Et effectivement, à l’heure de faire les comptes, des familles de proches qui étaient venues à l’aéroport d’Istanbul pour les accueillir n’ont jamais pu les serrer dans leurs bras, puisqu’elles manquaient à l’appel.

Le gouvernement turc assure savoir où se trouve chaque membre non rapatrié de la flottille

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays a accueilli la plus grande partie des blessés et les corps des personnes tuées, a démenti ces affirmations ce jeudi soir. "Il n'y a pas de passager manquant... Nous savons où se trouvent tous ceux qui étaient sur la liste qui nous a été donnée", a-t-il dit à la presse après avoir rendu visite aux 19 blessés soignés dans un hôpital d'Ankara. Cinq militants, dont on ignorait le sort, se trouvent dans les hôpitaux israéliens, a-t-il précisé. Trois avions médicalisés devaient partir jeudi soir pour Israël, pour les ramener en Turquie, a-t-il ajouté.

Les 9 morts tous tués par balles

Huit Turcs et un Américain d'origine turque ont été tués dans le raid israélien sur la flottille d'aide à Gaza, et les neuf victimes ont toutes été tuées par balle, a annoncé jeudi l'agence Anatolie, citant les rapports des experts et médecins légistes. Les nationalités ont été déterminées après des examens à l'Institut de médecine légale d'Istanbul, où les corps avaient été transférés d'Israël tôt dans la matinée. Les médecins légistes ont trouvé des impacts de balles sur les corps de toutes les victimes et ont établi que l'une d'elles a été tuée par un tir à bout portant. Ils ont précisé que les circonstances exactes des décès seraient mieux connues une fois réalisés des examens balistiques, qui devraient prendre environ un mois.



 




 

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