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Rapatriement de jihadistes: un retour en France via les forces américaines "envisagé"

Rapatriement de jihadistes: un retour en France via les forces américaines
Des véhicules militaires américains dans le nord de la Syrie, près de la ville de Minbej, le 30 décembre 2018Delil SOULEIMAN
Syrie

L'hypothèse d'un rapatriement par l'intermédiaire de forces spéciales américaines d'"environ 150" Français détenus en Syrie est "fortement envisagée", selon une source proche du dossier.

"Environ 150" Français dont "90 mineurs" pourraient être transférés en France via des avions des forces américaines, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier qui confirme des informations de BFMTV.

Les avions américains atterriraient sur la base aérienne de Villacoublay (Yvelines) où les attendraient les autorités françaises.

"Il n'y a pas de date arrêtée à ce stade", précise cette source. Un autre scénario prévoyait un retour à bord de charters français escortés par les forces françaises.

"La situation est très évolutive", souligne une autre source proche du dossier.

D'après une source gouvernementale, "rien n'est acté à ce stade" mais ce scénario "est l'une des options envisagées".

"Parmi les options possibles, il y a aussi le maintien (des jihadistes français) sur le territoire syrien", ajoute cette même source.

En France, à leur descente d'avion, les adultes faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international seront présentés à un juge d'instruction pour une mise en examen.

Les autres adultes seront placés en garde à vue à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les profils de ces derniers sont variés. "Chez les femmes, par exemple, il y a un peu de tout, divers degrés d'implication", souligne une source proche du dossier.

Les enfants, "dont certains sont très jeunes", selon une des sources, seront remis aux services sociaux.

Des familles de jihadistes français redoutent, elles, que leurs proches ne soient pas rapatriés dans l'Hexagone et soient placés aux mains de la justice irakienne.

"Ce serait dramatique. Si c’est le cas, il n’y aurait pour beaucoup de familles aucun espoir de les revoir", a déclaré à l'AFP Véronique Roy, membre du collectif Familles unies, qui regroupe 70 familles.

Avec ce scénario, "on recule le problème mais on ne le règle pas. Pour que lumière soit faite sur ce conflit, la justice doit être faite en France aussi. La France n’a pas à sous-traiter, c’est pure politique et pour gagner du temps", a-t-elle ajouté.

Sans commenter ces différentes hypothèses, le ministre de l'Intérieur a tenu à rappeler vendredi que chaque jihadiste serait judiciarisé à son retour en France. "La seule chose que je peux vous dire c'est que tout +returnees+ (revenant en anglais, ndlr) qui reviendrait en France d'Irak ou de Syrie, fera l'objet d'une interpellation, sera présenté à la justice, sera sanctionné", a déclaré Christophe Castaner en marge d'un déplacement à Dreux.

Jusqu'ici, la France n'envisageait que le rapatriement des enfants retenus avec leurs mères, avec l'accord de celles-ci, mais souhaitait que combattants et épouses soient jugés sur place et y purgent leur peine.

Mais avec la perspective d'un retrait des quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie , les zones kurdes pourraient être la cible d'une offensive turque ou revenir dans le giron du régime de Damas, laissant craindre une dispersion des jihadistes étrangers.

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