RDC: l'épiscopat veut éviter des "élections biaisées" en décembre

(Belga) Les évêques catholiques congolais ont déclaré avoir sensibilisé la Communauté des États d'Afrique australe (SADC) sur les risques d'un "chaos" provoqué par le report ou l'organisation d'"élections biaisées" le 23 décembre en République démocratique du Congo, selon un communiqué rendu public lundi.

Cette déclaration rend compte des préoccupations des évêques soumises à Lusaka au président zambien Edgar Lungu en sa qualité de responsable des affaires de politique, sécurité et défense au sein de la SADC, qui compte la RDC parmi les Etats membres. Les évêques s'inquiètent de l'existence sur les listes électorales de six millions d'électeurs sans empreintes digitales, de l'absence de consensus sur l'utilisation de la machine à voter, de l'exclusion du processus électoral de quelques acteurs majeurs de l'opposition et de la répression des marches d'opposants. Si ces inquiétudes "ne trouvent pas des bonnes réponses, nous risquons soit de ne pas avoir les élections le 23 décembre 2018 soit d'avoir des élections biaisées", selon le communiqué de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). La Cenco s'est inquiétée aussi des "dénonciations par quelques parties prenantes, de la manipulation" de la commission électorale (Céni) "et des cours et tribunaux par le pouvoir en place". Début septembre, la cour constitutionnelle avait invalidé définitivement le dossier de candidature à la présidentielle de l'ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba. Son parti a promis de mener des actions d'envergure dans les prochains jours. L'opposant en exil Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, n'a pu déposer son dossier pour ce scrutin. Par deux fois, il a été empêché de revenir en RDC en venant de Zambie. Les autorités ont promis d'arrêter M. Katumbi dès son arrivée, en exécution d'une condamnation de trois ans de prison dans une affaire immobilière qu'il a toujours contestée. Le 8 août, après plusieurs mois de tensions politiques, le président Joseph Kabila a désigné son ancien ministre de l'Intérieur et secrétaire permanent du parti présidentiel (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary, comme candidat de la majorité à la présidentielle. M. Kabila ne peut se représenter après deux mandats, dont le dernier s'est achevé fin 2016. La RDC n'a jamais connu de passation pacifique de pouvoir depuis son accession à l'indépendance le 30 juin 1960. (Belga)

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