République Démocratique du Congo: Félix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président

République Démocratique du Congo: Félix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président

Le président sortant de République démocratique du Congo Joseph Kabila a officiellement remis jeudi à son successeur Felix Tshisekedi les "symboles du pouvoir" lors de la cérémonie de prestation de serment du nouveau président, issu de l'opposition.

Lors d'une cérémonie officielle, "émouvante, du jamais vu dans notre pays", selon les commentateurs de la RTNC, le fils d'Etienne Tshisekedi a prêté serment au Palais de la Nation. "Moi, Tshisekedi Félix Antoine Tshilombo, élu Président de la République Démocratique du Congo, je jure solennellement devant Dieu et la nation, d'observer et de défendre la Constitution et les lois de la République": ainsi a débuté le discours solennel prononcé par Félix Tshisekedi sous le regard d'un Joseph Kabila stoïque et aux yeux cachés derrière des lunettes sombres. Le nouveau président a notamment juré "de ne (se) laisser guider que par l'intérêt général et le respect des droits de la personne humaine". Les coups de canon ont ensuite résonné dans les jardins du Palais, avant que Kabila ne transmette à son successeur l'étendard aux couleurs nationales. Tshisekedi a aussi reçu, selon le protocole, un exemplaire de la Constitution et les armoiries, sous les ovations de milliers de ses partisans mêlés aux officiels.


Les pro-Tshisekedi célèbrent l'événement

Au moins 2.000 partisans du nouveau président se sont rassemblés devant et dans le palais de la Nation à Kinshasa au bord du fleuve Congo où prennent places les invités et accrédités (corps constitués, magistrats, militaires, corps diplomatiques, journalistes...), ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Félix, c'est le nouveau chef. Avec lui nous espérons que c'est un vrai changement, surtout qu'il a pris le pouvoir sans effusion de sang", a déclaré Saddam Kongolo, jeune homme d'une trentaine d'années, "combattant" du parti de M. Tshisekedi Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). "Nous espérons que le président va appeler à l'instauration d'un État de droit", a ajouté une autre militante, Marie-Josée Kabungama, arrêtée en 2013 pour son engagement au sein de l'UDPS.

Les militants vêtus de blanc ont investi dans le calme ce quartier ultra-résidentiel et sécurisé, fief des résidences officielles et diplomatiques.

Certains sont entrés dans l'enceinte du palais de la Nation aux côtés des officiels.

Le Vice-président tanzanien, le Premier ministre du Gabon ainsi que le président de l'Assemblée nationale du Maroc étaient présents à la cérémonie, ainsi que les ambassadeurs des États-Unis, de la France, de la Chine et du Japon, notamment, selon des journalistes de l'AFP.

A l'antenne, la chaîne d’État RTNC a annoncé l'arrivée des présidents du Kenya Uhuru Kenyatta et de la Zambie Edgar Lungu.

Cette télévision publique saluait une "passation de pouvoir civilisée", en attendant la cérémonie de prestation de serment et la passation de pouvoir qui doit commencer à 12h30 (11H30 GMT).

La RTNC a rediffusé le message du président sortant, M. Kabila, qui souhaite "une coalition" entre les leaders politiques plutôt qu'une "cohabitation".

M. Tshisekedi devra choisir son Premier ministre au sein des proches de M. Kabila qui ont conservé une large majorité à l'Assemblée lors des élections présidentielle et législatives du 30 décembre.

La RDC vit la première transmission pacifique du pouvoir de son histoire. Joseph Kabila avait succédé il y a 18 ans à son père Laurent-Désiré Kabila, assassiné.

Kabila père avait renversé en 1997 le maréchal Mobutu, qui avait lui-même renversé en 1965 le président Joseph Kasa-Vubu. L'ex-Premier ministre Patrice Lumumba avait été assassiné en janvier 1961.

L'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, arrivé deuxième de la présidentielle du 30 décembre selon le résultat officiel, dénonce un "putsch électoral" orchestré par MM. Kabila et Tshisekedi et se proclame le seul président légitime.

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