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Régionales: LR se confronte au cas Muselier en Paca

 

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Que faire après l'affront de l'accord surprise en région Paca entre le sortant LR Renaud Muselier et LREM ? Les Républicains réunissent mardi leur comité stratégique pour tenter de contrer le piège de l'asphyxie, en examinant notamment la piste d'une nouvelle liste estampillée LR.

Après l'annonce par le Premier ministre Jean Castex dimanche du retrait de la liste LREM en Paca au profit de la liste LR, le président des Républicains Christian Jacob a retiré son investiture au président de région sortant Renaud Muselier.

LR, conscient du risque d'étau entre LREM et le RN qui le guette à l'approche de 2022, pourrait prendre de nouvelles mesures lors de son comité stratégique mardi matin. "On verra comment la situation va se débrouiller, la condamnation est vraiment unanime chez nous", souligne Gilles Platret, candidat LR en Bourgogne-Franche-Comté.

Lundi, Renaud Muselier a tenté de calmer les esprits en précisant qu'il n'y aurait sur sa liste aucun "détenteur de mandats nationaux, que ça soit les ministres et les députés" -- alors que la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel y avait annoncé sa présence, lundi dans L'Opinion.

"Personne ne peut douter de ma loyauté envers ma famille politique", dont "je redemanderai le soutien" mardi, a encore affirmé M. Muselier.

Cela suffira-t-il pour les cadres de LR? Une exclusion de ce ténor de la droite, entré jeune au RPR dont il fut secrétaire général, fidèle de Jacques Chirac et ami de Christan Jacob, semble difficilement envisageable, et beaucoup estiment que lui avoir retiré l'investiture suffit.

Une exclusion, "ce n'est pas le sujet, il s'est mis lui-même en marge de notre mouvement", a souligné le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau mardi sur France 2.

"Le sujet n’est pas la personne mais l’accord conclu avec Emmanuel Macron", a tweeté la présidente du conseil national du parti Annie Genevard.

Dimanche, le patron des députés LR Damien Abad assurait ne pas croire "à un système des exclusions. On a déjà vécu ça (...) et on en a porté le fardeau pendant longtemps".

Reste, pour le parti, la solution de se lancer quand même dans la bataille électorale. "Nous allons devoir trancher dans les heures qui viennent" sur le fait de savoir "si nous présentons ou non une liste estampillée LR", avait indiqué lundi Mme Genevard.

- "Clarté" -

Pour Bruno Retailleau, cela paraît certes "difficile" vu le calendrier: la date limite de dépôt des listes est fixée au 17 mai.

"C'est évidemment très compliqué à faire, mais si le défi peut être relevé, je crois qu'il le faut", estime l'eurodéputé François-Xavier Bellamy.

Et M. Retailleau de noter que le maire de Cannes David Lisnard ferait "un excellent candidat".

David Lisnard avait lui-même défendu dimanche l'idée d'une "liste claire, nouvelle et fraîche".

Au-delà du timing, la question est délicate dans un parti qui a payé cher ses divisions par le passé.

Pour Annie Genevard, "il faut mesurer les atouts et les risques", dans une région où le RN, emmené par Thierry Mariani, est donné en tête au premier tour, mais devancé au second par Renaud Muselier.

"L'avantage d'une telle solution serait celui de la clarté", mais "en présentant une liste, nous bousculerions un peu plus une situation déjà fort confuse", ajoute-t-elle, les bisbilles entre partis pouvant pousser les électeurs à l'abstention ou au vote RN.

Difficile d'imaginer en tous cas que LR ne réagisse pas: "Le parti qui est le nôtre, et qui défend des valeurs n'ayant rien à voir avec le macronisme, ne peut pas accepter d'être cocufié par M. Muselier", estime Gilles Platret -qui fait lui-même alliance dans sa région avec DLF, le parti de Nicolas Dupont-Aignan.

"La droite et le macronisme, c'est comme l'eau et l'huile, ça ne peut pas se mélanger", résume Bruno Retailleau.

Au RN, la présidente Marine Le Pen a laconiquement commenté la situation mardi sur RTL: "LR a effectivement la capacité de gouverner avec Macron, nous non", et "nous ne souhaitons pas le faire".

Le porte-parole du parti d'extrême droite Sébastien Chenu s'était indigné la veille du "bidouillage" en Paca, en jugeant que LR, "à la croisée des chemins", doit désormais "choisir" entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.




 

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