Rencontre Japon, Chine, Corée du Sud pour parler Corée du Nord

Chine, Japon et Corée du Sud se réunissent mercredi à Tokyo et chercheront un terrain d'entente dans l'intense activité diplomatique en cours sur la question nord-coréenne, dont les Japonais ont été largement exclus jusqu'à présent.

Ces pourparlers du Premier ministre Shinzo Abe avec le président sud-coréen Moon Jae-in et le Premier ministre chinois Li Keqiang sont les premiers depuis plus de deux ans.

Ils interviennent alors que le Japon s'efforce de se faire une place dans un ballet diplomatique qui a déjà donné lieu en six semaines à deux visites en Chine du dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong Un, un sommet historique entre les deux Corées fin avril et devrait déboucher sur une rencontre non moins historique entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump le mois prochain.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est d'ailleurs arrivé mercredi à Pyongyang afin de caler ce rendez-vous historique.

Le Japon a la position la plus dure envers Pyongyang parmi ces trois pays et a longtemps appelé à "ne pas discuter pour discuter" avec le régime reclus, se retrouvant finalement dans une position de spectateur lorsque Washington et Séoul ont engagé un processus de négociations avec Kim Jong Un.

En annonçant la réunion tripartite, M. Abe a dit vouloir "discuter en profondeur de la manière d'engager la Corée du Nord sur le droit chemin, résoudre les questions des enlevés, des missiles et du nucléaire". Par "enlevés", M. Abe fait référence aux ressortissants japonais, dont des adolescents, kidnappés dans les années 1970 et 1980 par la Corée du Nord.

- Déclaration de Panmunjom -

"Le Japon pourrait simplement dire qu'il serait imprudent de s'enthousiasmer trop vite et de lever les sanctions" après l'annonce par la Corée du Nord de la fin des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux, estime Hajime Izumi, spécialiste de l'Asie du Nord-Est et de la Corée du Nord à la Tokyo International University. "La Chine et la Corée du Sud ne peuvent s'opposer frontalement à cela".

Dans un entretien publié mardi par le quotidien japonais Yomiuri Shimbun, M. Moon dit espérer "la coopération et le soutien actifs du Japon sur le futur chemin vers une paix permanente sur la péninsule ainsi qu'en faveur de la réussite du sommet entre les États-Unis et la Corée du Nord".

La semaine dernière, les médias japonais rapportaient que Tokyo appellerait de nouveau à une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord.

Mais Séoul juge préférable que les trois pays approuvent la Déclaration de Panmunjom signée fin avril à l'issue de leur rencontre par les dirigeants des deux Corées, selon un responsable de la présidence sud-coréenne.

Cette déclaration affirme qu'"il n'y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne" et que "la Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l'objectif commun d'obtenir, au moyen d'une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire".

- Ibis nippon -

La rencontre de mercredi est la septième du genre depuis les débuts en 2008, mais il s'agit de la première visite d'un dirigeant sud-coréen au Japon en plus de six ans. M. Moon passera moins de huit heures sur le sol japonais.

Les relations du Japon avec ses voisins chinois et coréen du sud sont rendues difficiles par des différends territoriaux et par le poids de l'histoire de l'occupation japonaise en Corée de 1910 à 1945 et en Chine de 1932 à 1945.

M. Li est arrivé mardi soir à Tokyo et restera au-delà de la rencontre de mercredi pour des discussions bilatérales qui devraient en partie servir à préparer des réunions ultérieures de M. Abe avec le président chinois Xi Jinping. Sa visite sera la première d'un Premier ministre chinois en huit ans et se produit au moment où les deux pays marquent les 40 ans de la normalisation de leurs relations.

"Je veux favoriser au cours de cette visite un développement stable et sain des relations bilatérales sur le long terme", a déclaré M. Li mardi dans les colonnes du quotidien japonais Asahi Shimbun.

Il rencontrera l'empereur du Japon, des hommes d'affaires et se rendra sur la grande île septentrionale de Hokkaido. Il devrait signer plusieurs accords économiques bilatéraux.

Enfin, il paraphera un engagement de la Chine à remettre au Japon deux ibis nippons, oiseaux menacés d'extinction, dont la disparition de l'archipel avait été déclarée en 2003 avant une réintroduction grâce à des dons de Pékin.

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