Rescapée belge de l'attentat sur une plage à Sousse, Anita est en colère contre la justice tunisienne

Rescapée belge de l'attentat sur une plage à Sousse, Anita est en colère contre la justice tunisienne
(C) RTL INFO

Anita, une Belge rescapée de l'attentat de Sousse commis il y a trois ans et demi en Tunisie, est en colère. Comme d'autres, elle a suivi le procès des djihadistes accusés de cette attaque et de celle du musée du Bardo. La justice tunisienne vient de condamner sept d'entre eux à la prison à vie. Mais ce verdict est loin d'apaiser la douleur d'Anita.

Anita Zordanella était sur une plage de Sousse le 26 juin 2015 lorsqu'un terroriste déguisé en vacancier a sorti une kalachnikov dissimulée dans un parasol. 39 personnes ont été tuées, et 39 autres blessées. Son amie est morte dans ses bras. C'est une rescapée de l'attaque qui est aujourd'hui choquée par la justice tunisienne. "Ce procès c'est une farce!", lance-t-elle avec colère.

Ce vendredi, Anita a suivi par vidéoconférence la dernière audience d’un procès qualifié d’expéditif par les parties civiles. Le jugement du tribunal de Tunis ne lui permet pas de tourner la page. "Je vis un film policier depuis ce jour affreux. Je me revois jusqu'à la fin. J'ai vu mon amie morte sur la plage. J'ai vu des scènes d'horreur", confie Anita.

Ils se font passer eux pour les victimes

Le terroriste de la plage est mort. Ce sont ses complices qui étaient jugés. Tous se sont pourtant présentés comme des victimes. "Tous les avocats se battent en disant 'Oui mais ils ont été torturés en prison, ils ont été arrêtés sans raison…'. Ils se font passer eux pour les victimes", explique Anita Zordanella.

Anita a rejoint l’association des victimes du terrorisme V-Europe parce que là, elle trouve la reconnaissance que la justice ne lui a pas donnée jusqu’à présent. "Cette justice, pour les victimes, on ne la ressent pas comme il faut. C'est pas la reconnaissance qu'on recherche, c'est ça qui est primordial", indique Philippe Vansteenkiste, président de V-Europe.

Sur les 51 prévenus des attentats de Sousse et Tunis, 27 ont été acquittés. Le terrorisme est un sujet très sensible en Tunisie. Près de 4.000 jeunes tunisiens ont rejoint les rangs de l’Etat islamique.

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