Retrait américain de Syrie: les jihadistes français "libérés" seront écroués à leur retour

Retrait américain de Syrie: les jihadistes français
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le 16 janvier 2019 à l'Elysée, à ParisLUDOVIC MARIN
Syrie

Des jihadistes français détenus en Syrie vont être "libérés" après le retrait des troupes américaines et voudront revenir dans l'Hexagone, a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur, assurant qu'il faudra alors qu'ils soient "immédiatement" écroués.

"Les Américains se désengagent de Syrie. Il y a actuellement des gens qui sont en prison et qui sont tenus parce que les Américains sont là et qui vont être libérés. Ils vont vouloir revenir en France", a déclaré Christophe Castaner sur BFMTV.

En décembre, les Etats-Unis ont annoncé, à la surprise générale, le retrait prochain de leurs quelque 2.000 soldats actuellement déployés en Syrie pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), faisant craindre une déstabilisation dans la région.

Selon M. Castaner, les Français qui pourraient être libérés à la faveur du retrait américain seront "immédiatement" judiciarisés s'ils reviennent dans l'Hexagone.

"Ce sont des Français avant d'être des jihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons. Ceux qui reviendront, s'ils devaient revenir, seront mis en prison", a assuré M. Castaner.

"Ce n'est pas une question d'être acceptés (en France). S'ils viennent en France, ils seront incarcérés", a ajouté le ministre.

Mardi, la chaîne BFMTV affirmait que près de 130 hommes et femmes détenus en Syrie pourraient être ainsi rapatriés en France dans les prochaines semaines pour être jugés.

Confronté à une opinion publique marquée par les attentats jihadistes, Paris marche sur des œufs sur le dossier d'un éventuel rapatriement des Français partis dans les zones de combat en Irak ou en Syrie.

Jusqu'à présent, les autorités étaient favorables à ce que les ressortissants français adultes soient jugés sur place à condition d'y bénéficier d'un "procès équitable".

S'agissant des enfants, Paris a récemment fait un pas vers leur éventuel rapatriement au nom de leur "intérêt supérieur".

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