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Retrait en Syrie: Ankara exhorte Washington à user de son "influence" auprès des forces kurdes

Ankara a appelé Washington à user de son "influence" auprès des forces kurdes pour assurer un retrait ordonné du nord-est de la Syrie, a indiqué à l'AFP le porte-parole présidentiel turc, ajoutant que la Turquie n'avait pas l'intention d'"occuper" cette région frontalière.

"Nous tenons à cet accord. Il prévoit leur départ dans un délai de cinq jours et nous avons demandé à nos collègues américains d'user de leur influence et de leur connexions pour s'assurer qu'ils (les combattants kurdes) partiront sans incidents", a affirmé Ibrahim Kalin dans un entretien à l'AFP.

Un accord arraché jeudi par le vice-président américain Mike Pence lors d'une visite à Ankara prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive turque lancée le 9 octobre pour permettre un retrait des forces kurdes des YPG des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

Ankara qualifie les YPG de "terroristes" en raison de leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sanglante en Turquie depuis 1984.

Outre les retrait des YPG, l'accord prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 km de largeur en territoire syrien, même si la longueur de cette bande, que le président turc Recep Tayyip Erdogan veut à terme étendre sur près de 450 km, reste à définir.

- "Partir sans combat" -

Les forces kurdes ont accusé la Turquie d'avoir violé cet accord en poursuivant les bombardements mais M. Kalin a imputé "tous les incidents" aux YPG. "Nos militaires sont en contact avec leurs homologues (américains) pour s'assurer que les YPG partiront sans combat", a-t-il ajouté.

M. Kalin, dont le pays contrôle des pans entiers du nord de la Syrie à la faveur de deux précédentes opérations militaires, a assuré que la Turquie ne projetait pas d'y rester.

"Nous n'avons aucune intention d'occuper une quelconque partie de Syrie ou d'y rester indéfiniment", a-t-il déclaré.

L'offensive turque a suscité un tollé dans le monde en raison du rôle crucial des YPG dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Environ 12.000 combattants de l'EI, dont 2.500 à 3.000 étrangers, sont détenus dans les prisons sous contrôle des YPG, selon des estimations de sources kurdes.

M. Kalin a accusé les forces kurdes de se servir de ces détenus comme "moyen de chantage pour obtenir le soutien de l'Occident" et d'en avoir délibérément libéré des dizaines ces derniers jours pour accroître la pression internationale sur la Turquie afin qu'elle cesse son offensive.

Selon lui, 196 membres de l'EI "relâchés" par les YPG "ont été capturés" vendredi par l'armée turque et ses supplétifs syriens dans le nord-est de la Syrie. "Ils sont détenus dans un lieu sûr et ne seront pas libérés".

- "Extrêmement significative" -

Si l’objectif premier de la Turquie en établissant une zone de sécurité en Syrie est d'éloigner les forces kurdes de sa frontière, elle entend aussi y installer une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens qu'elle abrite sur son territoire.

M. Kalin a assuré que seuls les réfugiés qui en feraient le choix seraient installés dans cette zone. "Nous n'allons jamais recourir à des moyens qui forceraient les réfugiés à aller quelque part contre leur volonté ou en violation de leur dignité", a-t-il dit.

Il a enfin qualifié d'"extrêmement significative" la rencontre que M. Erdogan doit avoir le 22 octobre à Sotchi avec son homologue russe Vladimir Poutine, allié du régime d'Assad et qui est appelé à jouer un rôle crucial pour éviter d'éventuels affrontements entre forces turques et syriennes.

L'armée du régime, appelée à la rescousse par les YPG, s'est en effet déployée ces derniers jours dans des zones du nord de la Syrie qui échappaient à son contrôle depuis des années, ce qui pose le risque d'incidents avec les forces turques dans les secteurs son contrôle d'Ankara.

"Nous pensons que l'accord que nous avons conclu avec les Américains et les ententes auxquelles nous allons parvenir avec les Russes vont contribuer à faire avancer le processus politique" en vue d'un règlement négocié du conflit, a estimé M. Kalin.

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