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Retraites: ce qui change pour les fonctionnaires

Retraites: ce qui change pour les fonctionnaires
Les 4,3 millions d'agents publics fonctionnaires (pour 1,2 million de contractuels), dans les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale) devraient, au terme de la réforJoël SAGET

Les 4,3 millions d'agents publics fonctionnaires (pour 1,2 million de contractuels), dans les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale) devraient, au terme de la réforme, voir leur retraite calculée sur l'ensemble de leur carrière et non plus sur les six derniers mois.

Cette règle leur serait moins favorable, en particulier aux enseignants dont le Premier ministre Edouard Philippe a reconnu lui-même début décembre que "l'application absurde des nouvelles règles les pénaliserait".

Selon Gilles Oberrieder (CGT), "un enseignant en fin de carrière qui touche aujourd'hui une retraite d'environ 2.500 euros" toucherait ainsi "environ 1.700 euros".

Ce spécialiste des retraites a aussi calculé qu'"un agent de catégorie C (la moins bien rémunérée) qui gagne aujourd'hui entre 1.300 et 1.600 euros mensuels, toucherait une retraite d'à peine 1.000 euros".

En moyenne, ajoute-t-il, les fonctionnaires passeraient d'une retraite moyenne de "70% du salaire de fin de carrière à une retraite correspondant à 70% du salaire moyen de carrière", prenant en compte les années les moins bien rémunérées. Cela occasionnerait une perte substantielle de revenus, qu'il chiffre "entre 20 et 30%".

Avec le nouveau système universel à points que le gouvernement souhaite mettre en place à compter de 2025, les primes devraient cependant être prises en compte dans le calcul de la retraite.

Actuellement, si les fonctionnaires cotisent à hauteur de 11% à leur propre régime intégré, cette cotisation ne porte pas sur les primes, qui constituent une part importante des rémunérations pour ceux qui en bénéficient. Elles peuvent même atteindre "50% des revenus pour certains fonctionnaires en fin de carrière", selon le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt.

Problèmes: des centaines de milliers d'agents, dont les enseignants et les agents territoriaux (en grande majorité des femmes à temps partiel), deux catégories qui représentent au total 1,89 million de personnes, n'en bénéficient pas ou très peu. Ces derniers risquent donc d'être doublement lésés. Le gouvernement a cependant admis le principe d'une revalorisation des salaires des enseignants et chercheurs. Des négociations se sont ouvertes cette semaine sur les retraites, qui doivent déboucher sur une loi de programmation des revalorisations.

La future réforme prévoit aussi d'étendre le compte pénibilité aux fonctionnaires, en contrepartie de la suppression des départs anticipés de certaines catégories "actives", que le gouvernement a confirmée le 8 janvier: des centaines de milliers d'agents verront leur âge légal passer de 57 à 62 ans, en particulier les aide-soignantes des hôpitaux publics, à l'exception des "fonctions en uniformes" (policiers, pompiers, douaniers, agents pénitentiaires...).

La retraite progressive (cumul du temps partiel et d'une partie de la pension de retraite) pour les fonctionnaires doit aussi être discutée, notamment pour les enseignants et les personnels hospitaliers. Un chantier spécifique devait être lancé cette semaine sur la pénibilité et l'aménagement des fins de carrière à l'hôpital.

Un autre doit porter sur le calcul des droits acquis au moment de la bascule entre le système actuel et le régime universel en 2025. Le Premier ministre a promis le maintien de la règle des six derniers mois pour convertir les trimestres cotisés en points.

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