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Robert Redford veut retrouver ses pinceaux, sa première passion

Robert Redford veut retrouver ses pinceaux, sa première passion
Robert Redford dévoile uen plaque à son nom à la Cinématheque Française, le 23 février 2019 à ParisSTEPHANE DE SAKUTIN

Robert Redford a dit samedi à Paris son souhait de moins se consacrer au cinéma au profit de la peinture, sa toute première passion.

"Peut-être est-il temps pour moi de revenir là où ma vie a commencé, avant que je devienne acteur, quand je voulais être artiste", a confié l'acteur légendaire du cinéma américain, invité de la Cinémathèque française pour une masterclass.

"Quand j'avais 18 ans, c'est tout ce que j'avais en tête: être artiste, peintre. Alors je suis venu en France étudier l'art et peindre. Bien sûr j'ai abandonné cette idée pour devenir acteur, et ça a été bien, mais je l'ai fait assez longtemps. Peut-être est-il temps pour moi de m'en écarter et de revenir là où j'ai commencé, c'est-à-dire, être artiste", a expliqué l'acteur de 82 ans, sous le regard de son épouse et devant un parterre de cinéphiles, admirateurs et professionnels du cinéma tels l'actrice Ariane Ascaride ou le réalisateur Jean-Paul Rappeneau.

"Il ne faut jamais dire jamais, que vous ne jouerez ou ne dirigerez plus jamais: vous ne pouvez pas savoir. Mais quand j'ai dit que je me retirais du métier d'acteur, je voulais dire que je souhaitais aller dans une nouvelle direction", a ajouté celui qui a aussi annoncé en janvier vouloir tenir un rôle plus effacé au sein de son Festival de Sundance.

Son dernier film, "The Old Man and the Gun", dans lequel il incarne un braqueur au grand cœur, est sorti aux Etats-Unis fin 2018.

Avant la masterclass, la Cinémathèque avait projeté "Les Hommes du président" (1976), joué et produit par lui.

Interrogé sur la capacité du cinéma américain d'aujourd'hui à proposer un tel film, Redford s'est dit optimiste: "Je pense que oui. Pas exactement comme +Les hommes du président+. Mais je pense qu'il y a assez de talents, de réalisateurs et d'acteurs aptes à le faire, alors je pense que cela va arriver."

Au cours de cette heure, l'acteur, jean et pull ciel assortis au regard, café en main, a évoqué "la gentillesse" de ses confrères Jason Robards et Paul Newman, alors qu'il était encore peu reconnu.

"Je dois beaucoup à Paul Newman", a-t-il dit, Newman qui insista pour le garder dans "Butch Cassidy et le kid" quand la Fox poussait pour un interprète "plus célèbre".

Il a aussi évoqué sa proximité et la "compréhension mutuelle" avec le réalisateur Sydney Pollack. "Il avait été acteur, je lui faisais confiance, cela m'a permis d'être libre en tant qu'acteur, de tenter des choses."

Avec lui il fit sept films, dont "Jeremiah Johnson", que le studio accepta de financer quand Pollack et Redford firent baisser le budget de 5 à 3 M USD en installant le tournage dans la propriété de l'acteur en Utah. "C'est comme cela que Sundance est devenu connu", a-t-il raconté.

Jeremiah Johnson, métaphore aussi de la propre volonté de Redford de s'ancrer à la nature, a-t-il admis.

"J'étais écologiste avant (ce film). Quand j'ai vu ce qui se passait au plus haut niveau du pouvoir, qui considérait l'environnement comme quelque chose à développer, pour le profit, et que j'ai senti que si cela continuait il n'y aurait plus de terre préservée", a-t-il dit, relevant que "c'est encore plus prononcé que jamais avec le gouvernement actuel".

Robert Redford était à Paris pour recevoir, vendredi soir, un César d'honneur pour sa carrière.

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