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Rugby: après l'Asie, le Mondial dans "un pays émergent" ?

Rugby: après l'Asie, le Mondial dans
Le patron de World Rugby Bill Beaumont s'exprimant devant la presse à J-365 du Mondial japonais, le 20 septembre 2018 à TokyoBehrouz MEHRI

Organiser la Coupe du monde de rugby dans "un pays émergent": le président de World Rugby Bill Beaumont envisage l'idée à un an du Mondial-2019 au Japon dont il salue, jeudi, l'impact positif sur la popularité de ce sport en Asie.

Dans tout juste un an, la compétition suprême s'ouvrira dans l'archipel, et ce sera la première fois qu'elle se tiendra en dehors du cercle fermé des grandes nations du ballon ovale.

"Un débat philosophique doit se poser" sur le lieu des futurs Mondiaux, a déclaré l'Anglais Bill Beaumont à quelques journalistes, à l'occasion d'un événement à J-365 du coup d'envoi du tournoi japonais (20 septembre-2 novembre).

"Le succès commercial est certes important, mais nous devons avoir ce débat sur qui accueillera la prochaine Coupe du Monde après la France (en 2023): un pays émergent ou une nation établie qui a aussi besoin d'un peu d'aide?", a-t-il souligné.

"Peut-on dire à l'Argentine, l'Irlande, le Canada, les Etats-Unis qu'on préfère aller dans tel ou tel pays parce que stratégiquement cela va faire une grosse différence dans la région en question", a ajouté le responsable.

Il a rappelé que le Mondial avait été attribué au Japon, qui est loin d'être un bastion du rugby traditionnel, justement en raison de "l'énorme potentiel de croissance" en Asie.

L'objectif, qui était de parvenir à un million de pratiquants du rugby sur le continent, a été réalisé à près de 90%, a précisé M. Beaumont.

Rien qu'au Japon, "on compte 200.000 joueurs de plus qu'il y a deux ou trois ans, ce qui représente une très grande réussite", s'est félicité l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre.

- Gare aux Fidji -

Sur le terrain, les petits pays du rugby réduisent l'écart avec les géants traditionnels, et Bill Beaumont prédit un Mondial-2019 très serré.

"Aucune des soi-disant équipes favorites ne voudra se mesurer aux îles Fidji", qui ont déjoué les pronostics par deux fois en atteignant les quarts de finale d'un Mondial (en 1987 et 2007), a-t-il lancé.

Les Fidjiens avaient épaté lors du dernier Mondial en 2015, avec leurs charges destructrices, placages spectaculaires et courses envoûtantes apprises dans le rugby à VII, leur terrain de jeu historique. Mais ils avaient hérité d'une "poule de la mort" (Angleterre, Australie et pays de Galles) et avaient fini 4e.

"Cette fois, s'ils se prennent en main, ils pourraient vraiment accéder aux quarts de finale ou même aller plus loin", a estimé le vice-président de World Rugby, Agustin Pichot.

Les All Blacks, qui dominent outrageusement la scène mondiale, vont-ils remporter un troisième sacre d'affilée? Ils ont montré qu'ils n'étaient pas invincibles, a noté Bill Beaumont, après leur défaite la semaine dernière face à l'Afrique du Sud, première nation à s'imposer en Nouvelle-Zélande depuis neuf ans.

De quoi offrir un peu d'espoir aux autres équipes...

"L'Angleterre est quelque peu sur le déclin (...), l'Argentine revient fort, l'Irlande et les Pays de Galles sont en forme, l'Afrique du Sud aussi", a-t-il énuméré, annonçant "du beau jeu, très disputé, et un spectacle exceptionnel".

Quant aux Brave Blossoms japonais, vont-ils réitérer leur performance de 2015 quand ils s'étaient offert les Springboks?

"Nous ne savons pas encore ce que va faire le Japon mais ils auront l'avantage de jouer à domicile et peuvent sérieusement prétendre à quelque chose de spécial", a souligné M. Pichot.

"Ils se montrent à la hauteur des grands tournois".

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