Sauver la planète... et la croissance: les débats de la semaine à Davos

Une planète qui "brûle", des inégalités "hors de contrôle" et un "jour important pour le Venezuela": les débats qui ont marqué l'édition 2019 du Forum économique mondial de Davos.

L'URGENCE CLIMATIQUE

- "Notre maison brûle. Je ne veux pas de votre espoir, mais je veux que vous commenciez à paniquer" -- Du haut de ses 16 ans, Greta Thunberg, une adolescente suédoise dont la mobilisation contre le réchauffement climatique inspire la jeunesse mondiale, n'a pas ménagé son auditoire d'hommes d'affaires et de dirigeants politiques.

- "Le changement climatique court plus vite que nous, nous sommes en train de perdre la course et ce pourrait être une tragédie pour la planète" -- Antonio Gutierres, le secrétaire général de l'ONU, n'a pas non plus mâché ses mots.

- "Je pense que les gens commencent à réaliser qu'on ne peut pas faire des affaires sur une planète morte. Je quitte Davos avec plus d'espoir qu'à mon arrivée" -- Christina Figueres, fondatrice de l'organisation non gouvernementale Global Optimism.

NUAGES SUR LA CROISSANCE

- "Une récession mondiale n'est pas au coin de la rue mais le risque d'un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté" -- La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a jeté un froid en évoquant les risques économiques suite au bras de fer commercial entre la Chine et les Etats-Unis et au Brexit.

- 6,6% de croissance pour 2018, "C'est un chiffre qui reste plutôt significatif. Pas bas du tout" -- Le vice-président chinois, Wang Qishan, a voulu rassurer sur la robustesse de la deuxième économie mondiale, qui a affiché l'an dernier son rythme le plus faible depuis presque 30 ans.

LES SOUBRESAUTS POLITIQUES

- "C'est un jour important pour le Venezuela" -- La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a annoncé mercredi soir, de concert avec les dirigeants brésilien, colombien et péruvien présents à Davos, leur décision de reconnaître la légitimité de Juan Guaido, responsable de l'opposition vénézuélienne, autoproclamé "président" par intérim.

- "La gauche ne s'imposera pas dans la région (...) Nous ne voulons pas d'une Amérique latine bolivarienne -- avait dit la veille le président d'extrême-droite brésilien, Jair Bolsonaro, venu vanter à Davos un "nouveau Brésil".

- "Quand des institutions comme le Forum économique mondial se taisent, elles deviennent complices" -- Kumi Naidoo, le patron d'Amnesty International, outré par la présence à Davos d'une importante délégation saoudienne, sans le moindre rappel de l'assassinat en octobre du journaliste Jamal Khashoggi.

DES INEGALITES GALOPANTES

- "Les inégalités extrêmes sont hors de contrôle" -- Winnie Byanyima, la directrice de l'ONG Oxfam, qui a calculé que 26 personnes disposent désormais d'autant d'argent que les 3,8 milliards de personnes les plus pauvres de la planète.

- "Le capitalisme n'est pas immoral, il est amoral. Le capitalisme a sorti plus de gens de la pauvreté qu'aucun autre +isme+ mais c'est une bête sauvage qui, si elle n'est pas domptée, peut dévorer de nombreuses personnes en route" -- Bono, le chanteur de U2 et co-fondateur de la campagne One.

LES GRANDS ABSENTS

- "Quel joli titre: Kerry remplace Pompeo !" -- John Kerry, l'ancien chef de la diplomatie américaine, a ironisé sur l'absence à Davos de l'actuel secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, cloué au sol à Washington comme le président, Donald Trump, par le "shutdown".

- "Elle va se concentrer sur les questions qui se posent ici" - Dans un euphémisme très britannique, la porte-parole de Theresa May a confirmé que la Première ministre, empêtrée dans la crise du Brexit, ne serait pas à Davos cette année. En butte à la fronde des "gilets jaunes", le président français, Emmanuel Macron, n'a pas fait le déplacement non plus.

LA RAISON D'ÊTRE DE DAVOS

- "A Davos, c'est comme si l'on rangeait les chaises longues sur le pont du Titanic pendant que l'humanité coule" -- Le secrétaire général d'Amnesty International, Kumi Naidoo, s'est fait l'écho des doutes sur la raison d'être du Forum.

- "On peut critiquer le Forum et le côté réunion des riches, la réalité, c'est que cela vous permet de voir en deux jours le président afghan, le chancelier autrichien, le président de la Serbie, d'échanger avec la chancelière (allemande) Angela Merkel et d'être aussi efficace qu'en parcourant la planète pendant six mois" -- a quant à lui jugé un haut responsable européen.

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