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Scandale aux Etats-Unis: Weight Watcher's crée une application pour mettre les enfants au régime

Scandale aux Etats-Unis: Weight Watcher's crée une application pour mettre les enfants au régime

La dernière création de l'entreprise américaine Weight Watcher's suscite la controverse. Intitulée "Kurbo", l'application encourage les enfants et adolescents à faire régime ou à surveiller leur alimentation à l'aide d'un système d'estimation. Certains professionnels de la santé considèrent cette application comme étant irresponsable au regard du jeune âge des enfants.

La société américaine Weight Watcher's (désormais rebaptisée WW, ndlr) a lancé une application destinée aux enfants et adolescents de 8 à 17 ans. Objectif: leur permettre de calculer la teneur calorifique des aliments qu'ils avalent afin de perdre du poids ou d'éviter d'en gagner. De nombreux parents et professionnels de la santé s'élèvent contre ce programme qu'ils estiment potentiellement dangereux.

Sur le site de l'application, intitulée Kurbo, le processus est décrit. Les aliments sont regroupés en trois catégories principales: les fruits et légumes, en vert, les pâtes et protéines animales, en jaune, et la nourriture de fast-food, les sodas et les sucreries en rouge. Il s'agit d'encoder les aliments ingurgités tout en étant suivi par un coach, dont les services sont payants.

Sur la page "Success stories", comprenez "Histoires à succès", les jeunes peuvent lire les témoignages d'enfants ou adolescents vantant les bénéfices du programme. Les traditionnelles photos "avant/après" viennent compléter ce produit d'appel. Sur l'une d'elle, Sophie, 8 ans, apparaît d'abord avachie sur un transat, en train d'ingurgiter une boisson. L'image la montrant à l'issue du programme la présente sous un jour bien plus flatteur.
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Une partie de la population exprime son indignation, une autre est séduite

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des citoyens lambda se sont émus des éventuelles conséquences négatives dans l'esprit de ces enfants. "Les enfants de 8 ans devraient s'amuser et profiter de leur enfance, pas devenir obsédés par les calories et l'image de leur corps. Allez vous faire f***** Weight Watcher's! Kurbo est une idée répugnante", a écrit Emily sur Twitter.

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D'autres parents se disent mitigés. "D'un côté, je trouve qu'ils ne devraient pas se soucier de cela si jeunes et d'un autre, il faut qu'ils soient conscients de l'importance d'une bonne alimentation", dit Isabel Omolo, une mère interviewée. Une jeune fille de 16 ans, Laupa Pacala, est, elle, conquise: "Se sentir bien dans son corps est une réelle préoccupation des adolescents, souligne-t-elle. Cette application peut être un outil pour nous aider à nous débarrasser de tel aliment ou à diminuer la quantité de tel autre".


Les détracteurs: "Il faut travailler l'estime de soi plutôt que faire des régimes si jeune"

Quant aux professionnels de la santé, certains trouvent cette application inappropriée voire dangereuse. "Le coût réel de cette application n’est pas de 69 dollars par mois, mais une bataille de toute une vie rythmée par une alimentation désordonnée et une mauvaise image de soi", a estimé le nutritionniste Rhiannon Lambert, dans les colonnes du Mirror Mag.

Les professionnels du centre Melrose Center, où des patients présentant des troubles alimentaires sont traités, déconseillent vivement l'utilisation de cette application aux enfants et adolescent. "Nous savons que les régimes ne sont pas sains pour les enfants, tranche Heather Gallivan, directrice de la clinique. C'est un défi de trouver la bonne approche pour les enfants et adolescents en surpoids. Il faut être très prudents avec la façon dont vous allez leur en parler et le message que vous allez envoyer".


"Les enfants ne décident pas de détester leur corps, c’est la société qui leur apprend à le faire"

Du côté des bloggeuses mode, le site Paris Match cite l'intervention de Dana Suchow qui travaille auprès des enfants afin de développer leur estime de soi. "Quand on dit à un enfant que quelque-chose ne va pas avec son corps, il garde pendant longtemps le sentiment d’être indigne et repoussant. Ce sentiment peut se transformer en symptômes tels que la dysmorphie corporelle (préoccupation démesurée concernant un défaut apparent ou imaginaire) ou le stress chronique (…). Les enfants ne décident pas de détester leur corps, c’est la société qui leur apprend à le faire".

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