Séoul lance une enquête sur les agressions sexuelles dans le sport

Séoul lance une enquête sur les agressions sexuelles dans le sport
Le ministre sud-coréen des Sports Do Jong-hwan (d) pose avec son homologue nord-coréen Kim Il Guk (g) et le président du CIO Thomas Bach, au siège du CIO, le 20 janvier 2019 à PullyFabrice COFFRINI
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Le gouvernement sud-coréen a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur les agressions sexuelles et autres abus commis dans la communauté sportive traversée par les scandales, appelant à mettre fin à la mentalité de "la victoire à tout prix".

"Avec cette enquête, nous devons nous défaire de la philosophie de la victoire à tout prix. Nous ne pouvons plus pousser les athlètes à se livrer à une concurrence féroce au nom de la fierté nationale", a dit à la presse le ministre des Sports Do Jong-hwan.

Dans une société déjà ultraconcurrentielle, gagner dans l'arène sportive compte énormément. Les entraîneurs ont beaucoup de pouvoir sur la carrière des jeunes athlètes et les victimes d'abus n'osent souvent pas parler.

La double médaillée d'or olympique en short-track Shim Suk-hee a accusé début janvier son ancien entraîneur, déjà condamné pour l'avoir battue pendant des années, de multiples agressions sexuelles.

Dans la foulée, plusieurs autres personnes ont dénoncé des faits similaires.

"Je veux présenter mes excuses aux athlètes, à leur famille et aux citoyens de Corée du Sud pour n'avoir pas empêché de tels abus", a dit Do Jong-hwan.

Les ministères des Sports, de l'Education et de l'Egalité des genres étudieront les possibilité de réviser la législation afin de punir de peines de prison les responsables sportifs qui ne dénoncent pas les violences sexuelles au sein de leurs organisations, a-t-il ajouté.

Une enquête séparée sera lancée au sein de l'Université nationale du sport de Corée, où un membre du personnel a été accusé d'avoir agressé sexuellement une étudiante.

Tous les dossiers ne concernent pas des agressions sexuelles et toutes les victimes ne sont pas des femmes.

L'équipe féminine de curling qui avait fait sensation en décrochant l'argent devant son public lors des JO-2018 de Pyeongchang, a accusé ses entraîneurs d'exploitation et d'abus verbaux.

Une autre patineuse de vitesse, Noh Seon-yeong, avait accusé l'année dernière l'Union coréenne du patinage (KSU) d'avoir forcé son frère Jin-kyu, grand espoir des jeux de Sotchi-2014, à continuer à s'entraîner plutôt que de consulter un médecin pour des douleurs chroniques.

Après une blessure, on lui avait diagnostiqué un cancer des os. Il n'est pas allé à Sotchi et est décédé en 2016.

"Mon frère a été utilisé par la KSU, ils étaient uniquement intéressés par le fait de collectionner des médailles d'or", avait-elle accusé.

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