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Séoul veut ouvrir des discussions pour clore la guerre officiellement

Séoul veut ouvrir des discussions pour clore la guerre officiellement
Le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, à Hanoï, le 23 mars 2018KHAM

La Corée du Sud cherchera à lancer des discussions pour déclarer officiellement la fin de la guerre sur la péninsule lors d'un sommet intercoréen rarissime la semaine prochaine, a annoncé la présidence mercredi.

"Nous examinons la possibilité de remplacer le régime de l'armistice sur la péninsule coréenne par un régime de paix", a dit à la presse un haut responsable de la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne.

"Mais ce n'est pas quelque chose que nous pouvons faire seuls. Il faut des discussions serrées avec les parties pertinentes dont la Corée du Nord".

Le président américain Donald Trump vient de déclarer que le sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in pourrait être l'occasion, avec sa "bénédiction", de discuter d'un traité de paix pour clore officiellement le conflit.

La guerre (1950-53) s'était achevée sur un armistice plutôt qu'un traité de paix, si bien que les deux parties sont toujours techniquement en conflit. La Zone démilitarisée qui divise la péninsule est hérissée de mines et de fortifications.

Si le commandement de l'ONU emmené par les Etats-Unis, la Chine et la Corée du Nord sont signataires de cet armistice, ce n'est toutefois pas le cas de la Corée du Sud.

Il est vraisemblable que la rédaction d'un traité soit extrêmement compliquée.

Pyongyang et Séoul revendiquent tout deux la souveraineté sur la péninsule toute entière. Un traité pourrait vouloir dire que les deux Corées se reconnaissent l'une l'autre.

Le Nord demanderait probablement le retrait des soldats américains déployés sur la péninsule. Le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale Chung Eui-yong a lui déclaré mercredi que Séoul et Washington voulaient que Pyongyang renonce à ses ambitions atomiques.

Il a expliqué avoir discuté avec son homologue américain tout juste nommé, John Bolton, des façons "d'établir un régime de paix ultime" mais seulement si le Nord "prend la bonne décision".

Dans le passé, Pyongyang a réclamé un traité de paix avec les Etats-Unis, arguant que les deux pays sont les parties directes au conflit.

"La Corée du Sud est directement partie, qui peut le contester ?", a lancé le responsable de la Maison Bleue.

Les deux Corées pourraient parvenir à un accord initial. Celui-ci serait suivi par une rencontre entre MM. Kim et Trump et par un sommet trilatéral pour sceller l'accord, a-t-il poursuivi, évoquant aussi une rencontre quadripartite en référence à la Chine.

Mais, a-t-il prévenu, "je ne suis pas sûr que nous nous servirons de l'expression +mettre fin à la guerre+" pendant le sommet. "Nous voulons parvenir à un accord pour interdire les activités hostiles entre le Sud et le Nord".

Le troisième sommet intercoréen depuis la fin de la guerre aura lieu le 27 avril. Il doit être suivi d'une rencontre entre MM. Kim et Trump, la première du genre.

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