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Sierra Leone: l'ex-ministre de la Défense libéré, des dizaines d'opposants interpellés

(Belga) L'ancien ministre sierra-léonais de la Défense, Alfred Paolo Conteh, a été "libéré sous caution" lundi, selon la police. Il avait été arrêté vendredi pour corruption présumée dans une affaire d'achat de matériel militaire. La police a interpellé le même jour à Freetown des "dizaines" de personnes manifestant contre son arrestation.

M. Conteh, ministre sous la présidence d'Ernest Bai Koroma (septembre 2007 - avril 2018), a été libéré à la mi-journée, en même temps qu'un ancien directeur général du ministère de la Défense, Sannah Marrah, qui avait été arrêté vendredi. Aucune charge n'a été précisée contre les deux ex-responsables. Des partisans de l'opposition ont manifesté leur joie après la libération de l'ancien ministre Conteh dans les rues de Freetown, selon un journaliste de l'AFP. Avant cette libération, la police avait dispersé à l'aide de gaz lacrymogènes et de balles à caoutchouc des partisans de l'ex-formation au pouvoir, l'APC, qui manifestaient contre l'arrestation de M. Conteh. "Des dizaines de personnes ont été arrêtées lundi pour mauvaise conduite", a indiqué la police. Aucun lien n'a été établi entre la libération de M. Conteh et la manifestation. "La police a jeté des bombes lacrymogènes au siège de notre parti et un de nos militants a été sérieusement blessé", a déclaré à l'AFP un responsable de l'APC, Karamo Kabba. "Nous n'encourageons personne à (user de) la violence contre le gouvernement, mais nous sommes opposés à une chasse aux sorcières des anciens responsables", a indiqué le secrétaire général de l'APC, Alhaji Osman Yansaneh. L'arrestation de M. Conteh avait été annoncée samedi par la commission nationale anticorruption, créée en octobre, et qui mène des enquêtes sur des achats en 2015 de véhicules et d'uniformes militaires et de riz. Les véhicules et uniformes militaires ont été livrés par deux entreprises chinoises pour des montants respectifs de plus de 10,6 millions de dollars et de plus de 5 millions de dollars, selon un rapport d'audit publié en 2015. Plusieurs anciens responsables de l'administration Koroma ont déjà été arrêtés dans le cadre de la lutte contre la corruption et le gaspillage des fonds publics engagée par le régime du président Julius Maada Bio, qui a pris ses fonctions en avril. (Belga)

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