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Terrible sécheresse en Somalie: "Sur mes 300 chèvres, il m'en reste 10 et je n'ai plus ni vaches ni chameaux"

Terrible sécheresse en Somalie:
 
 

20 millions de personnes souffrent actuellement de malnutrition dans 4 pays d'Afrique: le Soudan du Sud, le Yémen, le Nigeria et la Somalie. Nos envoyés spéciaux Olivier Pierre et Eric Demortier se sont rendus dans ce dernier pays où il n'a pas plu depuis deux ans. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme, pour que le pays ne revive pas la famine de 2011.

Triste nouvelle pour Fatouma, une de ses vaches est à l'agonie. Sa famille a déjà perdu 180 chèvres sur les 200 que compte le troupeau. "La vache est en train de mourir de faim, il n'y a plus de végétation. On a tenté de la nourrir avec des aliments pour humains mais ça ne suffit pas. Sans eau et sans végétaux à consommer, elle meurt", raconte-t-elle.

Pour la troisième année consécutive en Somalie, la saison des pluies ressemble à une saison sèche. Bon nombre de nappes phréatiques sont vides. Les puits sont asséchés. Faute d'eau et de végétaux, les animaux souffrent. Même les chameaux adaptés à la déshydratation ont la peau sur les os. La sécheresse persiste et sur les pleines arides, des milliers d'animaux d'élevage meurent.

Les lits des rivières sont secs alors qu'en saison de pluie comme maintenant, l'eau devrait monter à plusieurs mètres de hauteur. L'absence d'or bleu met en péril des milliers de vies humaines qui dépendent de ces cours d'eau vides.

La sécheresse touche toute la Somalie. Elle a fait disparaître 90% du bétail, principale source d'alimentation et de revenus pour une grande partie de la population. La sécheresse prive les éleveurs de lait, de viande et d'argent. Et les pousse à fuir.

Ali a quitté sa terre pour rejoindre le village d'origine de sa mère. Il dépend maintenant de la solidarité de la communauté qui dispose des dernières réserves d'eau. "On a commencé à acheter de la nourriture pour animaux à base de riz et de céréales. On a tenu trois mois mais on n'a plus de moyens maintenant. Sur mes 300 chèvres, il m'en reste 10 et je n'ai plus ni vaches ni chameaux", dit-il.

L'eau est vitale pour tout le monde. Quand quelqu'un d'un village voisin ou des environs n'en a plus, on lui en donne, même si on n'a plus grand-chose. Nous avons l'habitude de partager.

D'autres éleveurs choisissent de se rapprocher des villes et d'y installer un camp de fortune. Les tentes sont faites de bâches et de vieux tissus. En cinq mois, près de 450.000 personnes se sont déplacées à l'intérieur du pays à la recherche d'eau.

"Il n'y a pas de politique de gestion de l'eau, il n'y a pas de fût et de matériel nécessaire à la collecte et la conservation de l'eau de pluie. L'infrastructure fait défaut", explique la responsable de la campagne Unicef en Somalie.

Face à cette pénurie, les Somaliens ont besoin d'aide. Si la pluie n'arrive toujours pas dans les prochaines semaines, une catastrophe humanitaire est à redouter.


Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a alerté mardi sur le risque d'un nombre de morts "massif"

L'ONU lance "cet avertissement (...) à la lumière des sécheresses qui affectent également de nombreux pays voisins (de la Corne de l'Afrique et du Nigeria, ndlr) et de la pénurie de financement devenue si grave qu'une crise humanitaire qui aurait pu être évitée, (d'une nature) peut-être pire que celle de 2011, est en train de devenir inévitable", a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse à Genève.


Faites un geste

Le Consortium 12-12, composé de Médecins du Monde, Caritas International, Handicap International, Oxfam Solidarité, Plan Belgique et Unicef Belgique, a lancé un appel aux dons en Belgique le 14 mars dernier. Jeudi, 5.120.000 euros avaient déjà été récoltés, et "cela ne fait qu'augmenter", souligne Erik Todts, directeur du Consortium. Les dons recensés sont en moyenne supérieurs à 80 euros, et environ 30% sont réalisés en ligne. La récolte de fonds se poursuivra jusqu'au 31 décembre.




 

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