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Sommet de l'OTAN: voici la grande mission de Joe Biden après la présidence Trump

 
 

Le président des Etats-Unis a atterri ce dimanche soir en Belgique pour participer au sommet de l'OTAN ce lundi. Face à ses alliés de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, la mission de Joe Biden est claire: redorer le blason de son pays après la présidence Trump. Joe Biden devrait ainsi essayer de retrouver le rôle de "grand frère" ou de "protecteur" qu'a souvent adopté les États-Unis, contrairement à Donald Trump. Le milliardaire trouvait que l'OTAN était un "fardeau".

Le professeur d'histoire contemporaine à l'ULB et spécialiste des Etats-Unis, Serge Jaumain, s'attend à une approche beaucoup plus respectueuse de Joe Biden comparée à celle de son prédécesseur. "On a un diplomate chevronné avec Biden. On l'oublie, mais c'est sans doute le président américain qui a la plus longue expérience diplomatique. Il a été un vice-président très actif sur le plan international. Auparavant, comme sénateur, il a aussi joué un rôle important. Donc c'est un vrai diplomate. Et de ce point de vue-là, c'est aussi quelqu'un qui le montre humainement. Il aime bien taper  sur l'épaule des personnes. Il est assez chaleureux. L'idée, c'est de donner une image très positive", explique l'expert, interrogé dans le RTL INFO 19H.

La protection des USA, mais à quel prix?

Les observateurs s'attendent donc à une approche rassurante de Joe Biden sur plusieurs points, et notamment l'article 5 de l'union transatlantique. Il prévoit que les membres défendent un allié attaqué. "Nous pensons que l'Otan et l'article 5 sont une obligation sacrée", a d'ailleurs déclaré le président dès dimanche.

Cette protection fournie par les Etats-Unis a cependant un prix:

  • d'abord, une influence très forte des Américains sur le continent européen, parfois au détriment de l'Union européenne,
  • et puis en matière de financements, avec la nécessité pour les alliés d'augmenter leurs dépenses militaires, un point sur lequel la Belgique a d'ailleurs un léger retard.

Plusieurs autres sujets seront sur la table du sommet de l'OTAN:

  • la situation avec la Russie,
  • les tensions avec l'Ukraine,
  • la problématique autour de la Turquie,
  • la cyberdéfense.

Les représentants de trente pays doivent se retrouver dès ce lundi à Bruxelles, pour ce qui est le plus grand sommet militaire de l'ère Biden.

Afficher une alliance forte avant "d'affronter" Poutine

Le timing de la visite de Joe Biden et du sommet de l'OTAN n'est pas choisi au hasard. Le président américain poursuivra ensuite son voyage avec un passage en Russie pour "affronter, en quelque sorte, Vladimir Poutine. "L'idée, c'est de montrer un front uni. De montrer que l'on a maintenant une parole apaisée. On se rappelle des sommets avec Trump qui se finissaient souvent de manière un peu caricaturale. Ici, l'idée c'est de montrer qu'il a les alliés derrière lui", réagit Serge Jaumain, le professeur d'histoire contemporaine à l'ULB et spécialiste des Etats-Unis. "Même s'il y a des différences. Même s'il y a un certain nombre de choses qui ont changé. On ne retrouvera pas ce qu'on a connu avant Trump. Parce que maintenant les Européens se méfient un petit peu. Ils voient ce que peut donner une présidence américaine comme ce qu'on a connu avec Trump. Donc il y a quelque chose qui a vraiment changé du point de vue européen. Les Américains sont toujours des alliés, mais c'est plus des partenaires à qui on fait une confiance limitée".

Même aux Etats-Unis, la situation politique n'est pas aussi stable que Joe Biden le voudrait. "Il a une courte majorité à la Chambre des représentants, c'est l'égalité au Sénat. Et on sait que les républicains sont très durs et sont dans la lignée de Trump. Et ça, ça ne rassure pas les Européens", rappelle Serge Jaumain.

Repositionner les Etats-Unis comme un "ami" face à la Russie et la Chine

L'approche plus rassurante et respectueuse de Joe Biden vise aussi à repositionner les Etats-Unis et l'OTAN comme des partenaires "amicaux" face à la Russie et la Chine. "L'idée, c'est de montrer que face à la Chine, les démocraties ont un front plus ou moins uni. Le problème, aujourd'hui, c'est que la Chine a investi beaucoup, notamment dans les pays les plus pauvres. Elle les a aidés beaucoup durant la pandémie. Donc ce n'est pas un hasard si on profite de ce sommet pour souligner qu'on va distribuer... on parle d'un milliard de vaccins, ce qui est beaucoup trop peu pour les pays pauvres, et notamment pour l'Afrique. Mais c'est une manière de repositionner les Etats-Unis, et c'est ce que Biden est venu faire ici", précise Serge Jaumain.




 

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