Soros s'en prend à la Chine dans son traditionnel discours de Davos

Soros s'en prend à la Chine dans son traditionnel discours de Davos
Le milliardaire philanthrope George Soros le jeudi 24 janvier 2019 à DavosFabrice COFFRINI
Chine

Le milliardaire George Soros s'en est pris à la Chine et à son président Xi Jinping, qu'il a qualifié de "plus dangereux ennemi" des sociétés libres et démocratiques, dans un discours à charge à Davos.

"La Chine n'est pas le seul régime autoritaire du monde, mais c'est sans aucun doute le plus riche, le plus fort et le plus développé en matière d'intelligence artificielle", a-t-il dit au cours du dîner qu'il organise chaque année en marge du Forum économique mondial.

"Cela fait de Xi Jinping le plus dangereux ennemi de ceux qui croient en des sociétés libres", a dit George Soros à l'occasion de ce rendez-vous très couru chaque année dans cette station de ski des Alpes suisses.

Ses équipes ont rapidement diffusé des copies de son discours en chinois par email, discours dans lequel il place dans le peuple chinois "son plus grand espoir".

"Si ces entreprises en venaient à dominer le marché de la 5G", la cinquième génération des technologies mobiles (5G), indispensable à l'essor des voitures autonomes et autres objets connectés, "elles représenteraient un risque inacceptable pour la sécurité du monde."

Devant une assemblée de journalistes, économistes et autres invités, George Soros a en outre appelé les Etats-Unis à "sévir" contre les groupes technologiques chinois Huawei et ZTE.

"L'an dernier, je pensais encore que la Chine devait être davantage intégrée aux institutions de gouvernance mondiale, mais, depuis, le comportement de Xi m'a fait changer d'avis", a-t-il expliqué.

Adversaire déclare du président Donald Trump, le financier-philanthrope a estimé que le gouvernement américain avait certes reconnu que la Chine était un "adversaire stratégique", tout en jugeant que c'était là un constat "simpliste".

Selon lui, une réponse politique efficace face à la Chine doit être "bien plus sophistiquée, détaillée et pragmatique" et doit également comporter une réponse à l'ambitieux programme d'investissements à l'étranger de Pékin, les "Nouvelles routes de la soie".

George Soros a reproché au président américain, qui a engagé des discussions commerciales avec Pékin, de vouloir "faire des concessions à la Chine et crier victoire tout en réitérant ses attaques contre les alliés des Etats-Unis".

Le milliardaire a appelé Washington à concentrer ses représailles commerciales sur la Chine plutôt que de s'en prendre à ses alliés, parlant de "guerre froide qui pourrait devenir chaude" entre les deux super-puissances.

George Soros a toutefois aussi décoché une flèche à Moscou : "Je me suis concentré sur la Chine mais les sociétés libres ont bien d'autres ennemis, au premier rang desquels la Russie de Poutine. Le plus dangereux scénario serait que ces ennemis conspirent entre eux et apprennent des choses les uns des autres pour opprimer encore davantage leurs peuples."

Né en Hongrie dans une famille juive ayant fui les persécutions nazies, ce financier de 88 ans, célèbre dans le monde de la finance pour son attaque spéculative contre la livre sterling en 1992, est devenu un bouc-émissaire des nationalistes et des partisans de théories du complot, en Europe et aux États-Unis.

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