Soudan: sous la pression de la rue puis de l'armée, le président Béchir est arrêté après 30 ans de pouvoir

Soudan: sous la pression de la rue puis de l'armée, le président Béchir est arrêté après 30 ans de pouvoir
AFP

Le président soudanais Omar el-Béchir a été destitué par l'armée, indique jeudi le ministère de la Défense. Il a également été arrêté, précise encore le ministère.

Le président soudanais Omar el-Béchir a été destitué par l'armée, indique jeudi le ministère de la Défense. Il a également été arrêté, précise encore le ministère.

Plus tôt dans la journée, des soldats soudanais avaient mené jeudi un raid à Khartoum dans les locaux d'un groupe lié au Parti du Congrès National (NCP) du président Omar el-Béchir. Le groupe visé s'appelle le Mouvement islamique, la branche idéologique du NCP, ont indiqué les témoins à l'AFP. L'armée avait annoncé jeudi matin une "déclaration importante bientôt", déclenchant des scènes de liesse devant le QG des militaires à Khartoum, où des milliers de manifestants réclament depuis des jours le départ du président.

Une foule déterminée de Soudanais défiait le régime depuis six jours consécutifs devant le QG de l'armée, dont les intentions, tout comme celles de la police, restaient, jusqu'à ce matin, incertaines dans le rapport de force entre pouvoir et manifestants. Signe que le président Omar el-Béchir n'était pas prêt à céder à la pression de la rue, le parti du Congrès national (NCP) au pouvoir avait appelé l'ensemble de ses membres à un rassemblement de soutien au chef de l'Etat jeudi à Khartoum. Réunis dans la capitale devant le QG de l'armée depuis samedi, des milliers de Soudanais demandaient eux inlassablement la démission du président au pouvoir depuis trois décennies.

L'étincelle de départ de la contestation a été la décision du gouvernement de tripler du prix du pain le 19 décembre. A travers le pays, des milliers de Soudanais ont appelé au départ de M. Béchir, 75 ans et au pouvoir depuis près de 30 ans. Refusant de démissionner, le président a tenté de réprimer la contestation par la force, puis a instauré le 22 février l'état d'urgence --et son cortège de mesures d'exception-- à l'échelle nationale.

Le Soudan, amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, est confronté à une inflation de près de 70% par an et fait face à un grave déficit en devises étrangères. Mardi, des capitales occidentales ont appelé les autorités à répondre aux revendications "d'une façon sérieuse". Le pouvoir doit proposer "un plan de transition politique crédible", ont écrit les ambassades des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège dans un communiqué conjoint à Khartoum.

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