En ce moment
 

Statue de "femme de réconfort": Osaka acte son divorce d'avec San Francisco

Statue de
Un monument aux femmes réduites en esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale, le 3 octobre 2018 à San FranciscoJUSTIN SULLIVAN
histoire

Osaka, troisième ville du Japon, a défendu vendredi sa décision de briser les liens de jumelage qui l'unissent à San Francisco où a été érigé un monument aux femmes réduites en esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale.

La municipalité avait annoncé en 2017 son intention de mettre fin à soixante années de relations avec la grande ville de la côte ouest des Etats-Unis qui venait d'accepter cette statue en don.

Elle a officialisé cette semaine ce projet par la voix de son maire Hirofumi Yoshimura. "Nos relations de confiance ont été détruites", a-t-il lancé.

La maire récemment élue de San Francisco, London Breed, a promptement rejeté cette décision et pris la défense du monument qui, selon elle, rend hommage à toutes les femmes qui ont dû "endurer les horreurs de l'esclavage et du trafic sexuel".

"Un maire ne peut unilatéralement mettre fin à une relation qui existe entre les peuples de nos deux villes, a fortiori une relation qui dure depuis plus de 60 ans", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Des officiels de la ville d'Osaka ont défendu la décision de leur maire et affirmé qu'elle resterait valide. "Nous avons reçu des réactions variées de nos citoyens mais la majorité soutiennent la décision", a déclaré vendredi à l'AFP un responsable d'Osaka.

"Nous avons transmis notre demande par les voies adéquates et n'avons néanmoins pas reçu de réponse officielle. Nous ne prévoyons pas de revoir" la décision, a-t-il ajouté.

Le gouvernement japonais est lui aussi intervenu pour demander à San Francisco de refuser le monument, qui porte une inscription faisant référence aux "centaines de milliers de femmes et de filles (...) réduites à l'esclavage sexuel par les forces de l'Armée impériale japonaise dans 13 pays d'Asie et du Pacifique de 1931 à 1945".

Selon les historiens, quelque 200.000 femmes, principalement de Corée mais aussi d'autres parties d'Asie dont la Chine, ont été forcées de travailler dans des maisons de prostitution militaires japonaises pendant la Seconde guerre mondiale sous l'appellation de "femmes de réconfort".

Ces dernières années, des militants ont érigé des dizaines de statues dans des lieux publics à travers le monde, dont beaucoup en Corée du Sud, en l'honneur des victimes.

Ces monuments ont suscité l'ire de Tokyo qui a fait pression pour leur démantèlement.

En avril, une statue de bronze symbolisant les "femmes de réconfort" a ainsi été retirée à Manille après que le Japon eut manifesté son mécontentement.

Vos commentaires