En ce moment
 
 

Sumo: Kisenosato, seul actuel "yokozuna" né au Japon, prend sa retraite

Sumo: Kisenosato, seul actuel
Kisenosato, seul "YoKosuna" (grand champion de sumo) encore en activité né au Japon, lors d'une cérémonie au sanctuaire Meiji de Tokyo, le 27 janvier 2017 TOSHIFUMI KITAMURA
sport

Le très respecté Kisenosato, seul "yokozuna" (grand champion de sumo) encore en activité né au Japon, a annoncé mercredi qu'il mettait un terme à sa carrière, un départ que regrettent de nombreux Japonais.

"Moi, Kisenosato, je prends ma retraite. Merci pour votre fidèle accompagnement durant ma carrière", a-t-il déclaré en larmes lors d'une émouvante conférence de presse sous le crépitement des flashes.

Premier natif du Japon depuis 1998 à avoir atteint le rang suprême de yokozuna, il a choisi de quitter le dojo après y avoir enduré une humiliante série de trois défaites consécutives lors du tournoi du Nouvel an.

"Je n'ai que des mots de remerciements envers ceux qui m'ont soutenu", a-t-il dit, sa peine redoublant sur son visage quand un journaliste évoqua une blessure qui l'avait forcé à déclarer forfait durant huit tournois après avoir gagné ses galons de grand champion.

Pour éviter la retraite, il aurait fallu une bonne performance au tournoi du Nouvel an, mais celle-ci n'est pas venue.

La sortie de ce colosse de 32 ans, devenu en 2017 yokozuna, un grade immensément respecté, va laisser seuls au sommet deux Mongoliens porteurs du même titre.

"Je crois qu'il a captivé de nombreux admirateurs en étant le premier yokozuna d'origine japonaise en 19 ans. Son départ est regrettable", a commenté le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point de presse quotidien.

Discipline la plus chérie des Japonais au côté du baseball, le sumo, dont les origines remontent à plus de 2.000 ans, s'inscrit dans la pure tradition japonaise avec un fond shintoïste (ensemble de croyances nippones).

Cela lui vaut aussi des critiques sur la rigidité des règles justifiées par ce côté rituel. Les femmes par exemple, jugées "impures", ne sont pas admises sur le dojo, emplacement circulaire du combat considéré comme un lieu sacré.

L'inflexibilité du monde du sumo sur ce point avait fait esclandre l'an passé quand des femmes médecins et infirmières étaient venues sur le dojo porter secours à un élu pris d'un malaise au moment d'un discours lors d'un tournoi. L'association de sumo avait dû présenter de "sincères excuses" pour leur avoir demandé de descendre au plus vite.

D'autres scandales ont aussi ébranlé ce milieu, en raison d'accusations de maltraitance, d'affaires de drogue, de paris illégaux et de liens avec le crime organisé.

En 2017, un des plus grands champions de sumo, Harumafuji, a dû mettre fin à sa carrière après avoir agressé un rival lors d'une soirée arrosée, une affaire qui a eu un énorme retentissement dans l'archipel.

Vos commentaires