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Sur la route du Brexit: le retour d'une frontière, quelque soit sa forme, une aberration pour les Irlandais

Sur la route du Brexit: le retour d'une frontière, quelque soit sa forme, une aberration pour les Irlandais
Sur la route du Brexit

Une route de campagne comme tant d’autres. Et pourtant, nous sommes à la limite entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Une frontière de 500 km invisible depuis 1998 entre la province britannique et son voisin européen. Alors que nous cherchons à nous ravitailler, nous tombons sur une station-essence perdu au milieu de champs.


 
John MC Manus, 29 ans, pompiste. Ici, le gérant accepte les euros ou les livres sterling et le Brexit est un mot qui ne plaît pas.

"Je suis trop jeune pour me souvenir de la frontière de l’époque. Mais maintenant, je m’interroge sur le retour de la guerre. Si la frontière est de retour alors nous risquons de revenir à des affrontements. Ici, les gens ne veulent pas voir de construction, ils veulent se déplacer librement", confie John MC Manus.

John est le neveu du patron qui a développé son activité il y a 20 ans. Un lieu de ravitaillement pour les habitants isolés de la région.


 
Eamon Fitzpatrick, 50 ans, propriétaire du magasin général. Il tient à nous montrer un endroit très symbolique.

"Ma main gauche se situe en Irlande et ma main droite se trouve en province d’Irlande du nord. Et juste entre mes jambes, il y a la frontière", raconte-t-il.

Pour cet homme difficile d’imaginer un nouveau mur qui couperait sa propriété. Il ne veut pas que les anciennes querelles se réveillent. "Certains politiciens s’imaginent qu’ils s’affrontent dans une bataille. Heureusement, les gens comme moi, qui sont dans la vie réelle, ne se plaignent pas. Ils ne demandent rien. Ils sont plongé dans le noir et attendent de voir ce qui se passe."

L’Irlande du Nord, territoire de plus de 14 000 km2 est essentiellement agricole. Les employeurs sont d’abord des fermiers.


 
Kean Kelly, 23 ans, travailleur agricole. Il fait partie d’une génération qui se sent européen avant tout.

"Si on remet une frontière cela risque d’avoir des conséquences sur le marché du travail. Ce serait mauvais pour notre emploi. En fait, nous, on travaille des deux côtés. On franchit la frontière chaque jour, tout cela n’a aucun sens", estime-t-il.

Sans nous en rendre compte, nous entrons en Irlande pour ressortir quelques kilomètre plus loin. Soudain, un panneau attire notre attention. "BORDER Phones". Téléphones frontaliers. Le magasin a ouvert il y a deux ans en prévision du BREXIT.


 
Neil Keegan, 29 ans, vendeur de téléphone

Ses clients sont des frontaliers qui veulent téléphoner sur les deux réseaux sans surtaxes.

"Les gens sont inquiets que leurs forfaits ne fonctionnent plus. Ils ne veulent pas de coût supplémentaire."

"Ce que je veux moi, c’est que le commerce soit libre sans entraves. Nous avons un passeport européen. Un passeport national, non merci. C’est plus facile de vivre dans un espace ouvert alors pourquoi changez cela ?"

En Irlande du Nord, le maintien dans l’Union européenne a obtenu 56 % il y a 3 ans. Le plus grand danger est le retour des extrémistes. Le conflit entre communauté catholiques et protestantes a fait 3 500 morts.

Aujourd’hui à Belfast, les portes métalliques qui séparent la ville sont ouvertes.

A Shankhill, quartier pro-britannique, les fresques de paramilitaires sont toujours bien présentes.

Bien que fragile, la paix règne comme dans ce jardin communautaire.


 
Stewart Finley, 60 ans, pensionné.

Ce bénévole apprend la culture des plantes aux écoliers. Il s’inquiète de voir de nouveau des enfants innocents tués par la haine.

"Laissons les enfants grandir en paix. On a réussi à maintenir une sorte de paix pendant 21 ans. Pourquoi recommencer cette période si terrible."

"Ce pays a donné tellement à la Grande-Bretagne, pourquoi nous ennuyer avec toutes ces idioties."

"Il faut rester vigilant."

Le parti Nord Irlandais unionistes, pro-britannique refuse le plan de Boris Johnson. Le Brexit ressemble de plus en plus à une poudrière.

 

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