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Surgies du passé, des accusations d'abus sexuels hantent l'argentier du Vatican

Surgies du passé, des accusations d'abus sexuels hantent l'argentier du Vatican
Le cardinal George Pell quitte le tribunal à Melbourne le 1er mai 2018WILLIAM WEST

De prêtre détaché dans une paroisse rurale à grand argentier du Vatican, la trajectoire ascendante de George Pell, le plus haut représentant de l'Eglise catholique en Australie, a été ternie dans ses dernières années par des controverses surgies du passé.

Pour ceux qui l'admirent, le cardinal Pell, 76 ans, incarne le traditionalisme catholique australien. Aux yeux de ses opposants, il est le visage d'une institution qui n'a pas su faire face aux accusations de pédophilie.

Le numéro trois du Vatican a été renvoyé mardi en procès pour des accusations d'agressions sexuelles anciennes qu'il rejette catégoriquement et qui n'ont pas été explicitées par la police.

Il assure par ailleurs qu'il n'avait aucune connaissance de pratiques pédophiles généralisées au sein de l'Eglise d'Australie.

Né en 1941, il a grandi dans la ville de Ballarat, où il fut un membre enthousiaste de l'équipe de débatteurs de son université. Il jouait des premiers rôles dans les productions théâtrales scolaires et excellait au football australien.

Sa mère, fervente catholique, avait été ravie que son fils s'engage dans la voie de l'Eglise, d'après la presse australienne. Son père, un anglican, n'avait pas compris qu'il rejette un contrat en or avec l'une des équipes de football les plus en vue du pays.

Il a poursuivi une partie de ses études à Rome avant d'être ordonné prêtre du diocèse de Ballarat en 1966.

- Ascension et accusations -

Son ascension fut rapide jusqu'à être nommé archevêque de Melbourne puis de Sydney, à l'instigation du pape Jean-Paul II, avant d'être inclus en 2003 dans le puissant Collège des cardinaux, en position de participer à l'élection des papes.

En 2014, il est choisi par le pape François pour mettre davantage de transparence dans les finances du Vatican et devient numéro trois du Saint-Siège.

"Le cardinal Pell est l'un des plus grands hommes d'Eglise que l'Australie ait jamais eu", avait dit de lui l'ancien Premier ministre conservateur Tony Abott.

Devant ses fidèles comme devant l'opinion publique, le cardinal Pell défend les valeurs traditionnelles du catholicisme. Tenant de la ligne dure sur des sujets comme l'euthanasie ou le mariage gay, il rejette aussi la science du climat ainsi que les critiques contre la politique répressive menée par l'Australie envers les demandeurs d'asile.

Sa réputation en a cependant pris un coup ces dernières années par des accusations selon lesquelles il aurait couvert des abus sexuels commis par des prêtres dans l'Etat de Victoria quand il y exerçait son ministère.

- "Crimes et dissimulation" -

Une enquête nationale portant sur les réponses institutionnelles apportées en Australie aux abus sexuels commis sur des enfants entre 1950 et 2010 a conclu que 7% des prêtres avaient été accusés d'actes pédophiles. Ces accusations n'avaient donné lieu à aucune enquête.

Le cardinal Pell avait été entendu à plusieurs reprises par la commission d'enquête au sujet des prêtres pédophiles du diocèse de Ballarat dans les années 1970 et 1980. Il a notamment assuré avoir été trompé par la hiérarchie catholique sur ce qui se passait réellement à une époque de "crimes et de dissimulation".

Des victimes se sont dites sûres qu'il devait être au courant d'agressions dans les rangs de l'Eglise.

"Il a fait son travail en protégeant l'Eglise, en protégeant sa réputation mais je ne crois pas qu'il ait protégé les enfants", avait déclaré Julie Stewart, victime d'abus sexuels alors qu'elle était enfant, après le témoignage du cardinal devant la commission d'enquête.

En 2002, alors archevêque de Sydney, George Pell avait été déjà accusé d'abus sexuels anciens, mais innocenté par la suite.

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