Syrie: des manifestants à Idleb appellent Ankara à empêcher l'offensive du régime

Syrie

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Idleb, ultime grand bastion insurgé en Syrie, s'inquiétant d'une offensive imminente du régime de Bachar al-Assad et appelant la Turquie à l'empêcher, selon un correspondant de l'AFP.

Les manifestants ont dénoncé le sommet de Téhéran qui a réuni vendredi les présidents iranien et russe, soutiens du pouvoir de Bachar al-Assad, et leur homologue turc, parrain de groupes rebelles dans la région d'Idleb, frontalière de la Turquie.

"Ce ne sont pas eux qui vont déterminer notre réalité", a lancé Sawsane al-Saïd, pharmacienne de 45 ans, évoquant le sommet tripartite au milieu de la foule massée sur une grande place de la ville d'Idleb, dans le nord-ouest syrien.

"Vos complots et vos conférences nous importent peu", pouvait-on lire sur une des pancartes brandies par les manifestants. "Les avions militaires russes bombardent les civils", pouvait-on lire en anglais sur un autre panneau.

Les participants agitaient des drapeaux aux couleurs de la révolution syrienne, avec trois étoiles rouges, et exhibaient les portraits de "martyrs", dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre ayant fait plus de 350.000 morts.

"Nous sommes venus manifester pour assurer que ce peuple ne sera pas soumis et ne reviendra pas à l'ère de Bachar al-Assad", a affirmé à l'AFP Abdel Razak Awad, un jeune père de 31 ans.

"On n'est évidemment pas content du tout que le destin d'Idleb soit décidé aujourd'hui à Téhéran", a-t-il asséné, ajoutant espérer que "les Turcs se tiennent aux côtés" d'Idleb.

Accueillant plus de trois millions de réfugiés syriens sur son territoire, la Turquie, qui a déployé des troupes à Idleb, craint qu'une offensive du régime ne provoque un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.

"La plupart des Syriens espèrent que les efforts de la Turquie réussissent à empêcher un assaut contre Idleb et à protéger sa population", a expliqué Youssef Sadiq, 35 ans, qui a fui la ville d'Alep, située à l'est d'Idleb et reconquise dans son intégralité fin 2016 par le régime au terme d'une offensive meurtrière.

Des rassemblements similaires se sont tenus dans plusieurs villes et localités de la région, notamment à Khan Cheikhoun et à Jisr al-Choughour, mais aussi dans les territoires rebelles de la province voisine de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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