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Syrie: l'émissaire de l'ONU prêt à aller à Idleb pour garantir un couloir humanitaire

Syrie: l'émissaire de l'ONU prêt à aller à Idleb pour garantir un couloir humanitaire
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura le 28 juin 2018 à BruxellesVirginia Mayo
Syrie

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a proposé jeudi d'aller à Idleb pour garantir la mise en place d'un "couloir humanitaire" afin d'évacuer la population civile avant une offensive imminente de l'armée syrienne.

"Je suis prêt à m'engager, personnellement et physiquement (...), à assurer un couloir humanitaire (...) pour permettre à la population civile d'évacuer vers une zone plus sûre", a affirmé Staffan de Mistura lors d'une conférence de presse à Genève.

La province d'Idleb, au nord de la Syrie et à la frontière avec la Turquie, est le dernier bastion tenu par des rebelles modérés et des islamistes radicaux. Quelque 2,9 millions de personnes vivent dans cette région, dont 1,4 million qui ont fui d'autres provinces rebelles reprises par le régime de Damas, a rappelé M. de Mistura.

L'armée syrienne, soutenue par la Russie, menace de lancer une vaste offensive pour débarrasser Idleb des "terroristes" qui s'y sont réfugiés.

L'envoyé spécial de l'ONU a estimé à "environ 10.000 hommes, plus leurs familles" le nombre de combattants d'Al-Qaïda et d'Al-Nosra "qui, personne n'en doute, sont des terroristes (...) qu'il faut vaincre".

Mais il a mis en garde contre le lourd tribut que risque de payer la population civile: "il ne peut y avoir aucune justification à utiliser des armes lourdes dans des zones densément peuplées, même pour combattre à juste titre des terroristes".

"Il existe des moyens de sauver des gens, mais nous avons besoin du gouvernement (...) pour permettre un couloir humanitaire crédible", a poursuivi M. de Mistura, précisant toutefois qu'il n'avait pas encore fait la demande à Damas.

- A Alep déjà -

Il a rappelé que fin 2016, lors de la sanglante bataille pour la reconquête d'Alep, deuxième ville de Syrie, il s'était déjà proposé pour aller garantir la mise en place d'un couloir humanitaire.

"Mais Al-Nosra avait refusé mon offre d'accompagnement des civils. Nous avons perdu deux mois et des milliers de personnes sont mortes à cause de ça", a-t-il dit.

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en garde contre "les risques croissants d'une catastrophe humanitaire" à Idleb en cas d'offensive militaire.

Il a également réaffirmé que "toute utilisation d'armes chimiques est totalement inacceptable".

M. de Mistura a déclaré que le régime syrien, tout comme Al-Nosra, "ont la capacité de fabriquer des armes chimiques".

S'exprimant mercredi sur ce sujet, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a demandé aux pays occidentaux de ne pas "entraver l'opération antiterroriste" à Idleb et leur a reproché de "réchauffer activement" le thème d'une "soit-disant attaque chimique" qui serait imputée au gouvernement syrien.

Mardi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a affirmé que les "terroristes" à Idleb étaient "proches de mener à terme une provocation très grave" avec "l'utilisation de substances chimiques contenant du chlore".

Le conflit syrien a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011. De nombreuses initiatives ont été prises pour mettre un terme à la guerre, mais elles ont toutes échoué jusqu'à présent.

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