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Syrie: l'offensive du régime dans la Ghouta orientale

Syrie: l'offensive du régime dans la Ghouta orientale
Des civils évacués de la Ghouta orientale attendent dans une école dans le district d'Adra contrôlé par le régime syrien, le 16 mars 2018LOUAI BESHARA
Syrie

Le régime du président syrien Bachar al-Assad a lancé le 18 février une offensive meurtrière pour reconquérir l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, qui constitue le dernier fief des insurgés près de Damas.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.340 civils, dont 270 enfants, ont été tués et des milliers blessés en près d'un mois de bombardements.

Le régime contrôle désormais plus de 70% de la partie rebelle de la Ghouta, d'après l'OSDH.

- Mort et désolation -

Le 18 février, les forces du régime tirent plus de 260 roquettes et l'aviation mène des raids intensifs sur plusieurs localités rebelles de la Ghouta orientale. Le lendemain, l'armée tue 127 civils, le bilan le plus lourd sur une journée dans l'enclave.

Le 20, selon l'OSDH, l'aviation russe bombarde le fief rebelle pour la première fois depuis trois mois.

Le lendemain, outre des bombes, les avions larguent des barils d'explosifs, dont l'utilisation est dénoncée par l'ONU et des ONG.

Pour le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, la Ghouta orientale est devenue "l'enfer sur Terre".

- 'Nouvel Alep' -

Le 22, le représentant syrien à l'ONU Bachar Jaafari, lance: "la Ghouta orientale deviendra un nouvel Alep". Après des bombardements dévastateurs, le régime avait repris les quartiers rebelles d'Alep, deuxième ville de Syrie, en décembre 2016.

Le 24, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité une résolution réclamant "sans délai" un cessez-le-feu humanitaire d'un mois.

Mais le lendemain, les forces prorégime engagent de violents affrontements avec les insurgés et poursuivent les bombardements.

Quatorze cas de suffocation sont rapportés après un bombardement du régime, indique l'OSDH. Un médecin évoque une "probable attaque au gaz de chlore".

- Trêve violée -

Le 26, le président russe Vladimir Poutine ordonne l'instauration d'une "trêve humanitaire quotidienne" de 09H00 à 14H00.

Mais dès le lendemain, le régime bombarde à nouveau. L'armée russe accuse les rebelles d'avoir ouvert le feu sur le "couloir humanitaire" mis en place pour l'évacuation de civils.

- L'étau se resserre -

Le 4 mars, une source militaire indique que l'armée syrienne a "progressé sur plusieurs fronts".

Le 5, le premier convoi d'aides depuis le début de l'offensive entre dans l'enclave rebelle, mais ne peut livrer toute sa cargaison en raison de bombardements.

L'OSDH affirme que "18 cas de suffocation et de difficultés respiratoires ont été recensés dans la localité de Hammouriyé après le lancement d'une roquette par un avion militaire", sans préciser l'origine de ces malaises.

Le 10, les forces du régime isolent Douma du reste de la Ghouta. Elles parviennent à diviser la région en trois: Douma et sa périphérie au nord, Harasta à l'ouest et le reste des localités au sud. Le lendemain, elles reprennent la ville de Madira.

- Exode -

Le 12, l'ONU affirme que "plus d'un millier de personnes doivent urgemment être évacuées". Vingt-huit hôpitaux, cliniques et dispensaires ont été visés par l'armée syrienne et neuf professionnels de santé tués depuis le début de l'offensive.

Les Etats-Unis déposent à l'ONU une nouvelle résolution pour un cessez-le-feu.

Le 15, près de 20.000 civils fuient Hammouriyé et des localités environnantes, d'après l'OSDH. L'ambassadeur syrien à l'ONU a évoqué le chiffre de 40.000.

Une nouvelle évacuation médicale a lieu à Douma pour le 3e jour consécutif, et un nouveau convoi d'aide entre dans la ville.

La Russie indique qu'elle va continuer de "soutenir" les forces de Damas dans leur offensive. "La Russie est moralement complice et responsable des atrocités d'Assad", réagit le Pentagone.

Le 16, près de 80 civils périssent dans les frappes, les habitants continuent de fuir par centaines.

L'OSDH fait état de "corps carbonisés" à Kfar Batna, signalant l'utilisation de "bombes incendiaires". Aucune confirmation indépendante n'a pu être obtenue.

Les forces du régime reprennent le contrôle total de la localité de Hammouriyé, au lendemain d'une contre-offensive de rebelles et de jihadistes.

Moscou accuse les Occidentaux de protéger les "terroristes".

L'armée exhorte les habitants à fuir via "des couloirs sécurisés".

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