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Syrie: laisser la porte "ouverte à la négociation" à Idleb (Le Drian)

Syrie: laisser la porte
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian fait un discours lors de sa visite au musée Louvre Abu Dhabi aux Emirats arabes unis, le 4 septembre 2018Mahmoud KHALED
Syrie

Paris a estimé mardi qu'il fallait laisser la porte "ouverte à la négociation" pour éviter une "situation dramatique" dans la province d'Idleb, dernier grand bastion insurgé en Syrie, sous la menace d'une offensive du régime de Damas.

"Le régime et ceux qui le soutiennent ont le sentiment d'avoir gagné la guerre" mais "on ne gagne jamais la guerre si on ne sait pas gagner la paix", a déclaré à l'AFP le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, à l'issue d'une visite à Abou Dhabi.

Il était interrogé sur les risques d'une confrontation dans la région d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), dans le collimateur du régime de Bachar al-Assad, allié à la Russie et à l'Iran.

"Il importe aujourd'hui que la voie soit ouverte à la négociation et non pas à la confrontation. Sinon, on s'oriente vers une situation dramatique", notamment pour les civils, a affirmé le ministre français.

Idleb compte quelque 2,5 millions d'habitants, dont des dizaines de milliers de rebelles et de civils transférés en masse depuis des bastions insurgés tombés aux mains du régime à l'issue d'offensives meurtrières.

M. Le Drian a préconisé "d'abord un cessez-le-feu" puis un processus qui écarterait "les risques aujourd'hui présents à Idleb".

- Yémen/Libye -

La France, a-t-il rappelé, est favorable à une solution aboutissant à une réforme constitutionnelle, qui permette le retour des réfugiés et des déplacés, la reconstruction et un processus électoral libre, dans le cadre d'une Syrie souveraine "qui ne soit pas soumise aux aléas des actions de tel ou tel voisin".

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Au Yémen, "non plus, il n'y aura pas de solution militaire. Ce conflit est dramatique", a encore déploré M. Le Drian en rappelant l'origine de la guerre, "un coup d'Etat" en 2014 des rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et "une agression contre l'Arabie saoudite".

Il y a eu à cet égard une résolution des Nations unies qui désigne "les principaux responsables". Après, "le conflit a dérapé et il a des conséquences dramatiques" sur les civils, a relevé le ministre.

"Nous appelons de nos voeux" à la réussite du médiateur de l'ONU Martin Griffiths qui réunit les parties yéménites en conflit à partir de jeudi à Genève, a-t-il dit.

S'agissant de la Libye, qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos et où des combats entre groupes rivaux ont fait au moins 50 morts depuis le 27 août, la proposition qui permettrait des élections à la fin de l'année "reste sur la table" et "à ma connaissance, il n'y en a pas d'autre", a déclaré M. Le Drian.

"Donc, ce ne sont pas des affrontements momentanés --je l'espère-- entre quelques factions qui vont empêcher ce processus initié aussi par les Nations unies. Nous sommes complètement en phase avec les Emirats (arabes unis)".

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