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Syrie: les forces antijihadistes resserrent l'étau sur l'ultime réduit de l'EI

Syrie

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont resserré l'étau sur l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l'est syrien, où les combats se poursuivent lundi au terme d'une nuit de bombardements intenses leur ayant permis de progresser en territoire jihadiste.

Soutenues par les raids aériens d'une coalition internationale conduite par les Etats-Unis, les combattants arabes et kurdes des FDS tentent depuis des semaines de déloger les derniers jihadistes du village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie.

Lundi matin, les combats se sont poursuivis dans le secteur, les FDS confortant, en parallèle, des positions acquises la veille à la faveur de combats et de frappes intenses.

"Nos forces ont progressé mais les affrontements se poursuivent", a indiqué à l'AFP Jiaker Amed, un porte-parole des FDS.

"Nos forces ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments (de l'EI). Elles ont continué de progresser ce (lundi) matin et encerclent désormais Daech depuis trois axes, le quatrième étant le fleuve" Euphrate, a précisé un responsable des FDS, utilisant l'acronyme arabe pour désigner l'EI.

Un porte-parole de l'EI, Abi Hassan al-Mujahir, a posté lundi soir sur la messagerie Instagram un enregistrement demandant aux partisans du groupe jihadiste de se mobiliser dans les zones tenues par les FDS, emmenées par des combattants kurdes.

Au sommet d'une colline surplombant le bastion de l'EI, une journaliste de l'AFP peut entendre le crépitement des mitrailleuses et les fortes explosions d'obus atterrissant sur la poche jihadiste, réduite à un petit campement de tentes et à des tunnels.

Des hommes, probablement des jihadistes, se déplacent rapidement à l'intérieur du réduit, enveloppé en grande partie d'un nuage noirâtre.

Accroupis derrière les rochers, les combattants des FDS ouvrent le feu sur les jihadistes visibles aux abords du camp, a-t-elle rapporté.

Les frappes s'étaient intensifiées en début de soirée dimanche, selon une équipe de l'AFP, qui a fait état de "tirs nourris et de fortes explosions".

- Plus de 70.000 déplacés -

"L'offensive terrestre des FDS a été très efficace", s'est félicité lundi le porte-parole de la coalition internationale, Sean Ryan.

"Les FDS continuent d'adopter une approche méthodique pour rayer le dernier territoire contrôlé par Daech" de la carte, a-t-il affirmé à l'AFP.

Mais l'assaut final des FDS, lancé le 9 février, a été à plusieurs reprises suspendu ou ralenti par l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de la poche jihadiste.

Durant le week-end, quelques dizaines de personnes ont été évacuées ou ont pris la fuite, mais le flot de départs a nettement diminué comparé aux semaines précédentes.

Dimanche, le porte-parole des FDS Kino Gabriel a affirmé que quelque "5.000 personnes" se trouveraient encore dans le réduit jihadiste, et n'a pas voulu avancer de calendrier précis pour la fin de l'offensive.

Depuis janvier, quelque 67.000 personnes ont déjà quitté l'enclave de l'EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les derniers chiffres des FDS.

La plupart des évacués sont transférés vers le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, où plus de 70.000 personnes sont entassées dans des conditions particulièrement rudes, selon l'ONG Comité de secours international (IRC). Quelque 3.500 personnes sont arrivées ces derniers jours, d'après l'ONG.

Depuis décembre, 123 personnes, dont une grande majorité d'enfants de moins de cinq ans, sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, a ajouté l'IRC.

- Avertissement de Damas -

L'EI avait conquis en 2014 de vastes régions en Syrie et en Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin. Sa défaite à Bahgouz, face aux combattants kurdes et arabes des FDS soutenus par la coalition sous commandement américain, signerait la fin territoriale de son "califat".

Les forces kurdes sont "la seule carte restante aux mains des Américains", a affirmé lundi le ministre syrien de la Défense Ali Abdallah Ayoub, en référence aux FDS.

Il a averti que l'armée syrienne "libèrera" les zones sous contrôle des forces kurdes "par la force" ou par le biais d'"accords de réconciliation".

Soutenu par la Russie et l'Iran, le régime syrien a enchaîné les victoires contre rebelles et jihadistes et contrôle aujourd'hui près des deux tiers de la Syrie. Il a désormais dans le viseur les zones kurdes notamment.

A la faveur du conflit déclenché en 2011 et du départ des forces gouvernementales mi-2012, les Kurdes de Syrie, une minorité ethnique représentant 15% de la population, ont instauré une autonomie dans le nord et le nord-est du pays, riches en ressources pétrolières, hydrauliques et agricoles.

La guerre en Syrie, qui est entrée dans sa neuvième année, a tué plus de 370.000 personnes, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et déplacé plusieurs millions d'autres.

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