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Syrie: plus de 500 morts, surtout des enfants, dans le camp d'Al-Hol en 2019

Syrie: plus de 500 morts, surtout des enfants, dans le camp d'Al-Hol en 2019
Des enfants dans le camp de déplacés d'al-Hol dans le nord-est syrien, le 14 janvier 2020 Delil SOULEIMAN
 

Plus de 500 personnes, principalement des enfants, sont mortes en 2019 en Syrie dans le camp d'Al-Hol, où vivent des dizaines de milliers de déplacés, notamment des proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a annoncé à l'AFP une responsable locale.

La malnutrition et le manque de soins médicaux pour les prématurés figurent parmi les principales causes de mortalité dans ce camp, géré par les autorités kurdes dans le nord-est syrien, a précisé à l'AFP Dalal Ismaïl, responsable du Croissant-Rouge kurde pour Al-Hol.

Le camp accueille environ 68.000 personnes, vivant dans des conditions précaires et dépendant totalement des aides humanitaires.

C'est principalement ici qu'ont été envoyés les femmes et les enfants étrangers affiliés à l'EI, lorsqu'ils ont été évacués de l'ultime bastion du groupe jihadiste, reconquis par les forces kurdes en mars 2019.

"Le nombre de décès en 2019 dans le camp est de 517, dont 371 enfants", a indiqué Mme Ismaïl à une équipe de l'AFP en visite mardi au camp d'Al-Hol.

"La situation est catastrophique et c'est un fardeau très lourd", a-t-elle ajouté, précisant que de nombreux enfants sont morts durant l'hiver "en raison du froid et du manque de moyens de chauffage adéquats".

Parmi les enfants décédés figurent également des étrangers, a-t-elle indiqué.

Le camp accueille en grande majorité des Syriens et des Irakiens. Une enclave à part, placée sous haute sécurité, est réservée aux femmes étrangères et à leurs enfants, des proches de jihadistes de l'EI.

Au total, quelque 12.000 étrangers, 4.000 femmes et 8.000 enfants, sont installés dans trois camps de déplacés du nord-est, la grande majorité dans celui d'Al-Hol, selon des statistiques des autorités kurdes.

Les aides fournies par les agences onusiennes ou des ONG internationales "ne suffisent pas", a déclaré à l'AFP le responsable de la communication du camp, Jaber Sayed Mostafa.

Il pointe du doigt "les grandes difficultés sur le plan médical, en raison des pénuries importantes de médicaments".

"Les paniers de nourriture ne suffisent pas non plus. Il y a des familles qui ont encore besoin de tentes ou doivent en changer" car elles sont usées, dit-il.

La situation risque de s'aggraver: une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, prolongeant l'aide humanitaire transfrontalière apportée à la Syrie, a supprimé le point de passage qui permettait à ces aides d'arriver directement dans les territoires kurdes depuis la frontière avec l'Irak voisin.

Les autorités kurdes ont averti que la suppression du point de passage d'Al-Yarubiyah risquait d'entraîner des pénuries médicales et d'entraver "60 à 70% de l'assistance médicale apportée au camp d'Al-Hol".

 

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