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Syrie/Ghouta: négociations séparées dans le fief rebelle (ONG)

Syrie

Parallèlement à son offensive militaire, le régime syrien mène des négociations séparées avec des responsables civils de localités rebelles de la Ghouta orientale, portant sur une évacuation de civils et d'insurgés ainsi qu'un arrêt des combats, a indiqué lundi une ONG.

Néanmoins les principaux groupes rebelles contrôlant l'enclave, Jaïch al-islam et Faylaq al-Cham, ont affirmé ne pas être partie prenante à ces discussions et ont rejeté toute évacuation de ce dernier fief insurgé aux portes de Damas.

Ces dernières années, le régime a réussi à reprendre plusieurs localités rebelles, en vertu d'accords dits de "réconciliation", qui se traduisent par l'évacuation des combattants en échange de la fin des bombardements et sièges. Plusieurs zones, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège asphyxiant pour forcer les insurgés à déposer les armes et les civils à fuir.

Les quelque 400.000 habitants de l'enclave rebelle dans la Ghouta subissent un siège asphyxiant du régime depuis 2013.

A la faveur de l'offensive lancée le 18 février dernier dans l'enclave, les prorégime ont repris 60% de cette zone et ont morcelé les 40% restants en trois secteurs: au nord, la grande ville de Douma et sa périphérie, à l'ouest Harasta et le reste des localités au sud.

Les négociations sont menées séparément avec des représentants de chacun des trois secteurs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Douma, des pourparlers ont lieu entre des représentants russes et un opposant syrien proche de Moscou, qui dit parler au nom de Jaich al-islam, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, citant un négociateur. Ils portent sur un arrêt des combats, le maintien de Jaich al-islam dans la ville et l'entrée des membres de la police militaire russe.

Les forces du régime ne rentreront pas à Douma, mais Moscou a réclamé que "les drapeaux syriens y soient hissés, et le retour des institutions gouvernementales", selon lui.

Jaich al-Islam a seulement confirmé être parvenu à un accord "avec la Russie, via l'ONU sur une évacuation de blessés".

A Harasta, divisée en une zone sous contrôle du régime et une autre aux mains d'un autre groupe rebelle Ahrar al-Cham, "les négociations portent sur une évacuation des rebelles qui le souhaitent et le maintien de ceux en faveur d'une réconciliation". Les civils ne sont pas concernés, selon l'ONG.

Dans le secteur sud -Hammouriyé, Jisrine, Kfar Batna et Saqba- les pourparlers portent, selon l'OSDH et un négociateur, sur une proposition d'évacuation des civils et rebelles qui le souhaitent vers d'autres régions sous contrôle rebelle, notamment Idleb (nord-ouest).

Le contrôle de l'enclave rebelle étant partagé par trois groupes rebelles, l'objectif du régime a été dès le départ de séparer ces zones d'influence les unes des autres, explique Nawar Oliver, expert au centre de réflexion Omran basé en Turquie. "Le régime est désormais en situation de force car il peut aboutir à trois accords différents et imposer ses conditions".

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