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Syrie: première messe dans la cathédrale arménienne d'Alep restaurée

Syrie: première messe dans la cathédrale arménienne d'Alep restaurée
Les ruines de l'église apostolique arménienne d'Alep "Quarante-Martyrs", dans le nord de la Syrie, le 9 décembre 2016George OURFALIAN
Syrie

Une messe a été célébrée samedi dans la cathédrale de l'église apostolique arménienne d'Alep (nord) en Syrie, la première depuis la restauration de ce monument historique endommagé par la guerre qui déchire le pays depuis 2011.

Les fidèles se sont massés sur les bancs de bois ciré de l'église des "Quarante-Martyrs", fondée au XIVe siècle, pour cet office religieux, a constaté un correspondant de l'AFP.

A l'extérieur, les flammes des cierges dansaient au gré du vent, avant que les prêtres n'entrent dans la cathédrale par l'allée centrale en répandant de l'encens.

Certaines femmes étaient coiffées d'un traditionnel voile de dentelle blanche, d'autres immortalisaient le moment en filmant la cérémonie avec leurs téléphones portables.

Cette messe est un signe que "la communauté arménienne continuera à reconstruire la Syrie", s'est félicité Aram 1er, le catholicos de Cilicie de l'Église apostolique arménienne (primat de cette église au Proche-Orient), qui présidait la cérémonie religieuse.

Située dans la Vieille ville d'Alep, la cathédrale des "Quarante-Martyrs" avait été endommagée, comme d'autres églises, lors de combats acharnés entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles entre 2012 et 2016.

Fin 2016, le régime soutenu par l'armée russe a repris les quartiers insurgés d'Alep à l'issue d'une violente offensive.

Voûtes en pierre de taille, grands lustres en cristal, arcades abritant des icônes restaurées: désormais, l'intérieur de l'église ainsi que sa façade extérieure ne portent plus de trace des violences passées.

Le pasteur Harout Selimian, à la tête de l'église arménienne évangélique, a vu cette messe comme un signe d'espoir: "Nous allons reconstruire une nouvelle Syrie".

Pour Jirair Reisian, membre arménien du Parlement syrien, cette cérémonie signifie surtout que la minorité arménienne de Syrie "est là pour rester".

La communauté chrétienne représentait 10% de la population d'Alep avant le début du conflit --soit 250.000 personnes-- dont une moitié d'Arméniens, selon le géographe français Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie à l'Université de Lyon.

Fin 2016, il avait estimé à quelques 100.000 le nombre de chrétiens encore sur place. "Peu d'entre eux sont retournés" à Alep depuis, a-t-il indiqué à l'AFP samedi.

Des dizaines de milliers d'Arméniens se sont exilés Syrie et au Liban dans la foulée des massacres commis contre leur communauté dans l'empire ottoman en 1915. Ces massacres ont été reconnus comme un génocide par plusieurs pays, une qualification que la Turquie rejette.

La guerre en Syrie, déclenchée en mars 2011, a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

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